Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Cinquante-trois objets, surtout gabonais, attendaient Bordeaux. Le conseil municipal a dit non : mieux vaut les renvoyer chez eux.
Publié le 2 juin 2026 à 08:26 UTC+0

Parfois, refuser un cadeau est le plus beau geste.
Le conseil municipal de Bordeaux a voté à l'unanimité, le 1er juin, le rejet du legs proposé par une sage-femme collectionneuse : un « petit musée africain » destiné à la ville. Selon Le Monde Afrique, l'objectif affiché est de permettre le retour de 53 objets, majoritairement gabonais, vers leurs pays d'origine plutôt que de les figer dans une vitrine française.
La restitution du patrimoine africain volé ou acquis dans des contextes coloniaux est l'un des grands dossiers culturels du moment. La France a adopté une loi-cadre. Macron a multiplié les gestes symboliques. Mais sur le terrain, chaque collection pose des questions juridiques, morales, politiques. Bordeaux choisit la sortie plutôt que l'accumulation.
L'autre face : certains musées français craignent de se vider. D'autres y voient une chance de renouveler le dialogue avec l'Afrique. Pour le Gabon, récupérer ses objets, c'est aussi reconstruire une mémoire nationale au moment où le pays tente de tourner la page du régime Bongo.
Pour l'Afrique 2050, le patrimoine n'est pas décoratif. Il est identité, tourisme, recherche, fierté. Les objets restitués peuvent devenir des pôles culturels à Libreville, à Cotonou, à Dakar, plutôt que des reliques oubliées dans des réserves européennes.
Bordeaux a-t-il selon toi raison de refuser le legs ou aurait-il dû garder les objets en attendant une restitution négociée ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…