Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Bassirou Diomaye Faye a désigné le général Birame Diop, ex-ministre des Armées, pour présider la Commission CEDEAO 2026-2030. Un choix militaire au cœur d'une crise institutionnelle.
Publié le 31 mai 2026 à 22:10 UTC+0

Le Sénégal ne se contente plus d'être membre de la CEDEAO. Il veut la diriger.
Ce dimanche 31 mai, selon APAnews, le président Bassirou Diomaye Faye a proposé la candidature du général Birame Diop à la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest pour le mandat 2026-2030. Birame Diop était ministre des Forces armées dans le gouvernement sortant.
Avant cela : chef d'état-major général des Armées, chef d'état-major particulier du président, chef d'état-major de l'Armée de l'air. Et une expérience onusienne comme conseiller militaire du secrétaire général chargé des opérations de paix.
Pourquoi un militaire ? Parce que la CEDEAO vit sa pire crise depuis des décennies. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté l'organisation. Bamako, Ouagadougou et Niamey ont créé l'Alliance des États du Sahel. Les frontières économiques se réorganisent. Les coups d'État se multiplient. Et la question sécuritaire écrase tout le reste. Dakar parie qu'un profil comme Birame Diop peut parler aux capitales militaires autant qu'aux chancelleries civiles.
Mais il y a l'autre face. Une Commission CEDEAO présidée par un général, c'est aussi un symbole fort : l'Afrique de l'Ouest confirme que la sécurité prime sur tout. Les voix qui réclamaient une gouvernance plus civique, plus démocratique, plus ouverte aux sociétés civiles vont grincer des dents. Et les trois pays de l'AES, déjà hors jeu, ne seront pas là pour négocier quoi que ce soit.
Pour l'Afrique de demain, l'enjeu dépasse le profil d'un homme. La CEDEAO peut-elle encore tenir ensemble quinze pays quand trois poids lourds du Sahel sont partis ? Dakar mise sur Birame Diop pour éviter l'effondrement. L'histoire dira si c'était le bon pari.
Selon vous, un ancien chef militaire est-il la bonne réponse pour relancer la CEDEAO, ou est-ce un aveu de faiblesse de la diplomatie ouest-africaine ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…