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À partir de ce 1er mai 2026, la Chine applique un tarif zéro sur tous les produits de 53 pays africains. Promesse de Xi Jinping au sommet de l'UA le 14 février. Ce que ça change pour le cacao ivoirien, les producteurs africains — et les limites réelles de la mesure.
Publié le 1 mai 2026 à 10:57 UTC+0

C'est l'une des annonces économiques les plus importantes des dernières années pour l'Afrique. Promesse faite le 14 février 2026 par Xi Jinping au sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, effective à partir de ce vendredi 1er mai : la Chine supprime tous ses droits de douane sur les importations en provenance de 53 pays africains.
Jusqu'à hier, les pays africains à revenu intermédiaire (le Kenya, l'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Égypte, le Maroc) étaient soumis à des droits de douane chinois standard pouvant atteindre 25%. Seuls 33 pays parmi les moins avancés bénéficiaient déjà de tarifs nuls depuis décembre 2024. À partir de ce matin, les 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec Pékin accèdent au marché chinois sans aucune taxe à l'importation.
En termes concrets : le cacao ivoirien, le café et les avocats du Kenya, les agrumes et le vin d'Afrique du Sud, le pétrole brut angolais et les minerais congolais entrent désormais en Chine sans barrière tarifaire. Seul l'Eswatini est exclu, car il maintient des relations diplomatiques avec Taïwan.
Pour la CI, premier exportateur mondial de cacao, cette suppression tarifaire est une opportunité réelle. La Chine est le marché de consommation de chocolat qui croît le plus rapidement au monde. Permettre au cacao ivoirien d'entrer sans frais supplémentaires ouvre une fenêtre que les acteurs de la filière devront saisir rapidement, à condition que les produits ivoiriens soient suffisamment transformés localement pour profiter pleinement de ce régime.
Les échanges sino-africains ont atteint 348 milliards de dollars en 2025. Mais dans ce total, les exportations chinoises représentent 225 milliards contre seulement 123 milliards pour les importations africaines, un déséquilibre massif. Pékin présente cette mesure comme une solution à ce déséquilibre. Les experts sont plus nuancés : sans une montée en puissance industrielle africaine, l'Afrique continuera d'exporter des matières premières et d'importer des produits finis chinois, même avec des tarifs nuls.
L'Afreximbank a estimé dans un rapport de novembre 2025 que le continent ne peut tirer pleinement parti de ce démantèlement tarifaire qu'en lançant des réformes visant à lever certains obstacles structurels.
L'Afrique de 2050 a besoin de partenaires commerciaux. Mais elle a surtout besoin de transformer ses ressources chez elle avant de les exporter.
Source image de couverture : Anadolu Ajansi
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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