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Gbagbo J+1 évoque déguerpissements et menace une marche pour opposants détenus. « Si tu dois casser une maison, tu devrais pleurer ».
Publié le 3 juillet 2026 à 19:09 UTC+0

Une phrase. Une maison cassée. Et toute la Côte d'Ivoire qui réagit.
Laurent Gbagbo a tenu sa conférence de presse jeudi 2 juillet à Abidjan. Vendredi, RFI et APAnews en publient les rebonds : l'ancien président évoque les déguerpissements à Yopougon et lance une formule qui restera. « Si les maisons des pauvres sont cassées, c'est parce que les gens qui cassent n'ont pas pitié. Sinon, en arrivant devant la maison que tu dois casser, tu devrais pleurer et puis te retourner. »
Le Mandat Express et Le Front Libéral rappellent le cadre : présentation du Pacte social, sept engagements, consultations citoyennes vers un Livre blanc. Mais le cœur du J+1, c'est la colère sociale. Gbagbo dénonce aussi les détentions d'opposants, juge le « spectacle » de la justice « pas bon », et n'exclut pas une marche pour réclamer des libérations.
Pour une famille déguerpie à Yopougon ou un militant du PPA-CI à Bouaké, cette citation n'est pas de la rhétorique. C'est le résumé de ce qu'ils ressentent devant les bulldozers et les toits qui tombent. Les réseaux sociales ont déjà transformé la phrase en mème, en débat, en accusation.
Le pacte social promet une vision. La rue, elle, attend des actes : relogement, délais, compassion visible.
Une Côte d'Ivoire apaisée en 2050 ne se construira pas en cassant des maisons sans regarder les visages derrière les murs.
Gbagbo parviendra-t-il à transformer cette émotion en programme crédible, ou la marche annoncée enflammera-t-elle un été déjà tendu ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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