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Le Prix Nobel de la paix tire la sonnette d'alarme depuis l'Ituri. Pour Mukwege, l'épidémie se joue dans la confiance des populations autant que dans les laboratoires.
Publié le 3 juin 2026 à 08:06 UTC+0

Quand Mukwege parle, le monde médical africain devrait écouter.
Dans une tribune publiée ce 3 juin au Monde Afrique, le docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix et fondateur de l'hôpital Panzi au Sud-Kivu, avertit que la nouvelle épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo « pourrait devenir la plus meurtrière jamais enregistrée » si la communauté internationale et les autorités nationales ne changent pas de méthode. Mukwege connaît l'est du pays mieux que la plupart des experts occidentaux : guerre, violences sexuelles, effondrement des services publics, méfiance des villages.
Les faits qu'il rappelle sont vérifiables : la souche Bundibugyo circule dans une zone où les groupes armés contrôlent des portions de territoire, où les agents de santé travaillent sans protection suffisante, où les rumeurs alimentent le rejet des équipes de vaccination et de prise en charge. The East African rapporte par ailleurs que les mythes autour du virus compliquent la réponse à Bunia et dans l'Ituri.
Mukwege ne demande pas seulement des fonds. Il demande une présence humaine durable, un respect des populations, une coordination entre Kinshasa, les provinces, les pays voisins et les agences onusiennes. L'OMS vient de corriger à la baisse le nombre de cas suspects, signe que le diagnostic progresse. Mais corriger un chiffre ne guérit personne.
Pour l'Afrique 2050, la santé publique dans les zones de conflit est un enjeu de souveraineté autant que de science. Un continent qui laisse mourir ses soignants faute de gants et de confiance ne construit pas la puissance qu'il revendique sur la scène internationale. Mukwege pose la question sans détour : combien de morts avant que l'Afrique traite ses épidémies comme des priorités stratégiques nationales ?
Partagez-vous l'alerte de Mukwege ou pensez-vous que la réponse actuelle suffit à contenir le virus ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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