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Il a annoncé sa victoire sur X avant même les résultats officiels. Il a posté un portrait de lui avec la mention "REELU" (en lettres capitales) alors que les bureaux de vote étaient encore en train de dépouiller
Publié le 14 avril 2026 à 10:27 UTC

Ismaïl Omar Guelleh, 78 ans, vient d'obtenir un sixième mandat à la tête de Djibouti avec 97,81% des voix. Son adversaire, Mohamed Farah Samatar, inconnu du grand public et issu d'un parti sans aucun élu au Parlement, a récolté 2,19%.
Source: archives EPA/Ludovic Marin
Le score n'a surpris personne. Guelleh est au pouvoir depuis 1999 (il avait succédé à son oncle Hassan Gouled Aptidon, le fondateur de l'État djiboutien). Vingt-sept ans sans interruption. Il avait laissé entendre à certains moments qu'il passerait la main en 2026. Une révision constitutionnelle opportuniste, adoptée en 2025, a supprimé la limite d'âge pour les candidats à la présidentielle. Le chemin était dégagé.
Pourtant, Djibouti n'est pas un pays quelconque. Sur ses 23 000 km², cinq puissances militaires maintiennent des bases permanentes : France, États-Unis, Chine, Japon, Italie. Son détroit de Bab-el-Mandeb est l'un des points de passage les plus stratégiques du monde, il contrôle l'accès à la mer Rouge depuis le golfe d'Aden, et une part majeure du commerce entre l'Asie et l'Europe y transite. Cela explique en partie pourquoi les grandes puissances regardent ailleurs quand il s'agit de critiquer les pratiques électorales djiboutiennes.
Source : Time France
Pour la jeunesse africaine et pour les défenseurs de la démocratie continentale, ce 97,81% est un chiffre qui fait mal. Pas parce qu'il dit que Guelleh est impopulaire, il peut réellement l'être ou ne pas l'être, dans un système où l'opposition ne peut pas s'organiser librement. Ce chiffre fait mal parce qu'il illustre à quelle vitesse la forme démocratique peut devenir un théâtre vide. Une urne posée dans une salle, quelques bulletins, un résultat annoncé à l'avance. Et 27 ans de plus.
L'Afrique aspire à 2050 comme premier marché mondial. Mais aucun marché ne peut durablement prospérer sans institutions solides, sans alternance possible, sans voix dissidentes protégées. Djibouti le sait. La question, c'est si quelqu'un, sur le continent, a encore envie de le dire à voix haute.
#DjiboutiÉlection2026 #Guelleh6eMandataf #DémocratieAfrique
Source Couverture : Yasuyoshi CHIBA / AFP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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