Sur trois jours, syndicats, patronat et inspecteurs ont posé les bases d'un système d'inspection du travail plus moderne, plus rapide et plus proche du terrain.
Publie le 11 septembre 2026 à 15:28 - mis a jour le 12 septembre 2026 à 00:55

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Un inspecteur du travail sans véhicule pour se déplacer, sans logiciel pour classer un dossier : voilà, depuis des années, le vrai visage de l'inspection du travail dans plusieurs régions de Côte d'Ivoire.
Du 8 au 10 septembre, le ministère de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle a réuni à Yamoussoukro un atelier national consacré à la modernisation du Système d'inspection du travail (SIT), avec l'appui technique de l'Organisation internationale du Travail (OIT), rapporte l'Agence ivoirienne de presse (AIP). L'objectif est d'améliorer l'efficacité du dispositif, la qualité de ses interventions, et la satisfaction de ceux qui en dépendent au quotidien, travailleurs comme entreprises.
« Du diagnostic à la stratégie, nous passons maintenant avec les acteurs clés à la définition de la feuille de route », a déclaré Ndeye Koumba Diop, directrice de l'OIT à Abidjan. Cette feuille de route doit être bouclée dans les trois mois. En face, l'inspecteur Thé Erman, directeur régional du Travail, promet un changement que les travailleurs sentiront directement : « Le travailleur lambda va certainement constater une mutation de notre inspection. »
Ce chantier n'est pas né à Yamoussoukro cette semaine. Il prolonge un travail entamé plus tôt dans l'année pour valider un diagnostic et poser une première stratégie nationale, syndicats et patronat autour de la même table.
Sur le continent, l'inspection du travail reste souvent le maillon faible de la protection sociale trop peu d'agents, trop peu de moyens, trop de secteurs informels hors radar. La Côte d'Ivoire choisit d'y investir au moment où son économie se formalise et où sa jeunesse entre en masse sur un marché du travail encore mal régulé.
D'ici 2050, l'Afrique comptera la population active la plus jeune du monde. Un travail décent, contrôlé, protégé, ne sera pas un luxe administratif : ce sera la condition pour transformer cette jeunesse en moteur économique plutôt qu'en réservoir de précarité.
Une inspection du travail modernisée changera-t-elle vraiment le quotidien de l'ouvrier de chantier ou de la vendeuse du marché, ou restera-t-elle un rouage de plus dans l'administration ?
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