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Le militant panafricaniste Kemi Seba a été arrêté à Pretoria le 14 avril avec son fils. Il comparaît ce 20 avril. Le Bénin l'accuse de soutien à une tentative de coup d'État. L'histoire complète.
Publié le 20 avril 2026 à 15:38 UTC

Il brûlait des billets CFA en place publique, faisait trembler les ambassades, donnait des conférences devant des milliers de jeunes Africains. Aujourd'hui, Kemi Seba est dans le box des accusés.
Le 14 avril 2026, Stellio Capo Chichi, alias Kemi Seba, a été interpellé dans un centre commercial de Pretoria, en Afrique du Sud, en compagnie de son fils et d'un passeur. Ce passeur avait reçu 250 000 rands (environ 13 000 euros) pour l'aider à traverser illégalement le fleuve Limpopo vers le Zimbabwe. Kemi Seba, déchu de sa nationalité française en 2024, fait l'objet d'un mandat d'arrêt béninois depuis décembre 2025 pour soutien présumé à une tentative de coup d'État. Ce 20 avril, il comparaît à nouveau devant un tribunal de Pretoria pendant qu'une délégation béninoise conduite par les ministres des Affaires étrangères et de la Justice presse les autorités sud-africaines pour obtenir son extradition.
Le dossier Kemi Seba est une matière explosive à plusieurs niveaux. D'abord, sa trajectoire personnelle : né en France d'origine béninoise, fondateur du mouvement Urgences Panafricanistes, expulsé de plusieurs pays africains, déchu de sa nationalité française, devenu apatride volontaire autoproclamé, l'homme incarne un type de radicalité panafricaniste que les régimes en place n'ont jamais digérée. Les circonstances de son arrestation, se cacher dans un shopping center de Pretoria avec un guide payé 13 000 euros pour passer une frontière, sont loin de l'image du tribun invincible. La question juridique reste entière : l'Afrique du Sud et le Bénin n'ont pas de traité bilatéral d'extradition formalisé. La procédure risque de durer des mois. Et pendant ce temps, ses partisans, des millions de jeunes Africains, regardent.
L'arrestation de Kemi Seba n'est pas seulement un fait divers judiciaire. Elle pose la question la plus urgente pour l'Afrique de 2026 : comment un continent qui aspire à sa liberté traite-t-il ses voix critiques ? Les gouvernements africains qui poursuivent Kemi Seba envoient un signal à leur jeunesse. Cette jeunesse, 18-35 ans, constituera 60% des électeurs africains en 2050. Elle observe. Elle enregistre.
Tu penses que Kemi Seba mérite d'être extradé vers le Bénin ? Ou son arrestation est une façon de faire taire une voix qui dérange ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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