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Le Parlement kenyan tire la sonnette d'alarme : des gangs politiques organisés reprennent du terrain à deux ans des élections générales de 2027. Le spectre de 2007 et l'enjeu de la CAN 2027 en toile de fond.
Publié le 15 avril 2026 à 10:07 UTC

Deux ans avant les élections générales au Kenya, un signal d'alarme vient d'être tiré au Parlement. Des gangs organisés commencent à circuler dans les circonscriptions. Ils ciblent des dirigeants politiques, des hommes d'affaires, des policiers. Ce n'est pas nouveau. C'est exactement ce qui s'est passé avant 2007.
Cette semaine, une commission parlementaire kenyane a publié une mise en garde claire : des groupes organisés liés à des rivalités politiques commencent à structurer leur présence dans plusieurs régions du pays, à mesure qu'approche le scrutin général de 2027. Selon le vice-président de la commission, le député Dido Ali Rasso, ces groupes sont devenus une nuisance et une menace sérieuse pour la sécurité nationale, ciblant les dirigeants, les hommes d'affaires et même la police.
L'histoire kenyane garde la cicatrice de 2007. Après la présidentielle contestée de décembre de cette année-là, des violences post-électorales avaient éclaté, faisant selon le bilan officiel plus de 1 500 morts et déplaçant des centaines de milliers de personnes. Les images de maisons brûlées à Kisumu, de barrages routiers dans la vallée du Rift, avaient sidéré l'Afrique et le monde. Un accord de coalition avait finalement mis fin à la crise. Mais la blessure, elle, n'a jamais entièrement cicatrisé.

En 2017 et 2022, le Kenya a voté dans des tensions maîtrisées, grâce notamment aux leçons de 2007 et à la surveillance internationale. La question pour 2027 est différente : le contexte politique est plus fragmenté, les alliances plus fragiles, et la montée des gangs intervient dans un contexte de mécontentement social fort, alimenté par la hausse du coût de la vie et la colère contre le gouvernement Ruto.
La CAF observe également ce Kenya avec inquiétude, pour d'autres raisons : le pays est co-organisateur de la CAN 2027 avec l'Ouganda et la Tanzanie. Une instabilité sécuritaire en 2027 pourrait compromettre l'organisation du plus grand tournoi de football africain. Le sport et la politique sont rarement séparés longtemps.
Pour l'Afrique 2050, le Kenya représente un enjeu majeur : c'est l'un des trois ou quatre pays qui peuvent tirer le continent vers l'avant. Hub technologique, hub financier, hub diplomatique de l'Afrique de l'Est. Mais ce rôle de locomotive ne survit pas à des cycles de violence électorale répétés. C'est à la société civile kenyane, à sa presse, à ses jeunes de faire en sorte que 2027 ne ressemble pas à 2007.
#Kenya2027 #ElectionsAfrique #Sécurité
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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