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Il était une fois un président qui avait une formule parfaite pour calmer la colère de ses concitoyens face à l'envolée des prix du carburant. La formule : "On coupe la TVA de moitié." Le problème : la loi fiscale kenyane dit que non, pas vraiment.
Publié le 18 avril 2026 à 19:23 UTC

Le 15 avril 2026, la veille d'une hausse record des prix à la pompe (supercarburant à 206,97 KSh, diesel à 206,84, des hausses record portées par la flambée pétrolière liée à la guerre en Iran), William Ruto s'exprime à Kisii.
"Nous avons pris des mesures pour ramener la TVA de 16% à 8% pour les trois prochains mois", déclare-t-il devant la foule. Formule claire, promesse chiffrée.
Problème : la loi fiscale kenyane plafonne les ajustements exécutifs sur la TVA à 12%. Au-delà, il faut le Parlement. Plusieurs constitutionnalistes l'ont confirmé dans les médias kenyans.
Au final, la TVA passe de 16% à 13% par voie exécutive. Le Parlement a ensuite voté une loi distincte pour atteindre 8% pour trois mois, mais la procédure a pris du temps. Les prix sont finalement revenus à 197,60 KSh pour le supercarburant à Nairobi. Mieux, mais pas ce qui avait été annoncé.
Ce mini-épisode kenyan se reproduit sur tout le continent : un dirigeant, sous pression populaire, annonce une mesure dont les limites légales n'ont pas été vérifiées. La réalité livrée est plus modeste. La promesse reste dans les mémoires.
La gouvernance moderne exige que les conseillers juridiques arrivent dans la salle avant le micro. Le système kenyan a finalement fonctionné — lentement. Mais la marge d'espoir soulevée et la désillusion partielle auraient pu être évitées.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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