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Pour la première fois de l'histoire, le GSIM (Al-Qaïda) et le FLA (Touaregs) ont coordonné des attaques sur 7 villes maliennes le 25 avril 2026, dont Bamako. Un tournant sécuritaire majeur pour le Sahel.
Publié le 3 mai 2026 à 12:03 UTC+0

Le Mali vient de vivre l’une des séquences sécuritaires les plus troublantes de ces dernières années. Entre le 25 et le 30 avril 2026, des attaques coordonnées ont visé plusieurs villes du pays, avec une alliance inédite entre le JNIM, groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda, et le FLA, mouvement touareg séparatiste. Cette convergence de circonstance a pris tout le monde de court et a fait voler en éclats le fragile équilibre sécuritaire que la junte pensait avoir consolidé.
C’est le point le plus inquiétant de cette crise : pour la première fois, jihadistes et Touaregs ont coordonné leurs actions de manière visible sur plusieurs fronts. Des sources relayées par Reuters, AFP et d’autres médias indiquent que cette collaboration a permis de frapper en même temps les positions de l’armée malienne et celles de ses alliés russes de l’Africa Corps.
Cette alliance reste tactique, pas idéologique. Les jihadistes cherchent à imposer leur projet religieux, tandis que les Touaregs poursuivent une logique séparatiste ou autonomiste dans le nord. Mais sur le terrain, cette convergence a suffi à créer un choc militaire majeur, notamment à Kidal, où les forces russes auraient reculé avant le retrait de leur présence dans la ville.
La capitale malienne n’a pas été épargnée par l’effet de souffle de ces attaques. Même si certaines zones ont été reprises ou sécurisées temporairement, le simple fait que Bamako ait été menacée a suffi à montrer la vulnérabilité du pouvoir. Le silence initial d’Assimi Goïta a nourri les rumeurs, puis son apparition tardive a confirmé ce que beaucoup redoutaient : le régime est sous pression.
Dans le même temps, l’armée a parlé de “repositionnement tactique”, de patrouilles renforcées et de poursuite des opérations. Mais le récit officiel peine à masquer une réalité simple : l’État malien semble désormais réagir plus qu’il ne contrôle.
C’est la vraie question stratégique posée par cette crise. Depuis le départ progressif des forces françaises, Bamako s’est appuyé sur la Russie et sur l’Africa Corps pour afficher une souveraineté retrouvée. Mais l’offensive d’avril 2026 a montré que la présence russe ne garantit pas une stabilité durable, surtout face à des groupes mobiles, coordonnés et capables de mener des frappes simultanées.
Le recul de l’Africa Corps à Kidal, combiné à la mort d’une figure clé du régime, pose une question brutale : le partenariat sécuritaire avec Moscou est-il encore assez solide pour empêcher l’effondrement du nord et l’extension de la menace vers le sud ? Pour beaucoup d’observateurs, la réponse est de moins en moins évidente.
Au milieu du chaos, la résilience populaire malienne reste l’un des rares points d’appui du pays. Malgré la peur, les déplacements, les coupures et l’angoisse, la société malienne a déjà montré qu’elle pouvait encaisser des chocs répétés. Mais la fatigue est réelle, et la confiance dans les promesses de sécurité s’érode.
Ce qui se joue aujourd’hui au Mali dépasse largement la junte. C’est l’avenir d’un État sahélien pris entre insécurité, rivalités territoriales, dépendance militaire et survie quotidienne de sa population. Si Bamako doit encore être sauvée, ce ne sera pas seulement par les armes, mais aussi par une stratégie politique crédible capable de reconstruire la confiance.
Et vous, pensez-vous que la Russie peut encore tenir le Mali face à cette nouvelle donne sécuritaire ?
Source image de couverture et crédits : AFP
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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