Alors que l'hivernage est deja installe au Mali, le retard de distribution des engrais subventionnes inquiete les producteurs a Kita et Yorosso.

Douze millions de tonnes de céréales visées. Une hausse de 34 % de la production de coton espérée. Mais sur le terrain, l'hivernage a déjà commencé et les sacs d'engrais subventionnés, eux, se font toujours attendre.
La campagne agricole 2026-2027 a été officiellement lancée le 9 juin lors de la 16e session du Conseil supérieur de l'Agriculture, rapporte Bamada.net, avec des objectifs ambitieux : près de 12 millions de tonnes de céréales et environ 600 000 tonnes de coton, en hausse respective de 4 % et 34 % par rapport à la campagne précédente. Mais le retard des engrais subventionnés inquiète les producteurs, précise Studio Tamani : dans plusieurs localités, notamment les cercles de Kita et de Yorosso, de nombreux producteurs attendent encore leurs sacs alors que les travaux champêtres ont déjà commencé.
AfrikInfos Mali rapporte que le ministre de l'Agriculture a tenté début juillet de rassurer les producteurs de Sikasso sur la disponibilité des intrants, sans que le retard de distribution ne soit résorbé sur le terrain. Pour cette campagne, le gouvernement a fixé le prix du sac de 50 kilogrammes d'engrais minéraux à 15 000 FCFA et celui de l'engrais organique à 3 000 FCFA, des tarifs subventionnés censés soutenir les petits exploitants face à la hausse des coûts de production.
Pour un producteur de Kita ou de Yorosso, chaque semaine de retard dans la distribution des engrais se traduit directement par un risque de rendement amputé à la récolte, dans un pays où l'agriculture reste le premier employeur.
Ce n'est pas qu'un simple problème logistique de plus. C'est un décalage récurrent entre les objectifs ambitieux affichés par le gouvernement et la réalité de la distribution sur le terrain, chaque saison des pluies.
Un Mali agricole en 2050 devra avoir synchronisé la distribution de ses intrants subventionnés avec le calendrier réel de l'hivernage, plutôt que de rassurer les producteurs après le début des semis.
Ce retard sera-t-il résorbé à temps pour sauver les rendements de cette campagne, ou les objectifs de 12 millions de tonnes de céréales resteront-ils hors de portée à cause d'un simple problème de distribution ?
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