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Cinq Mozambicains retrouvés morts près de Johannesburg. Maputo parle d'attaque xénophobe. Pretoria enquête. L'Afrique australe paye encore le prix de la haine.
Publié le 3 juin 2026 à 07:52 UTC+0

Cinq corps. Cinq familles brisées. Encore une plaie ouverte entre voisins africains.
Le gouvernement mozambicain affirme que cinq de ses ressortissants ont été tués en Afrique du Sud dans ce que Maputo qualifie d'attaque xénophobe, selon Africanews et Al Jazeera. Les faits se seraient produits dans la province de Gauteng, région de Johannesburg, où des violences contre les ressortissants étrangers africains ont déjà fait des dizaines de morts ces dernières années. Pretoria dit enquêter. Maputo exige des explications.
Les chiffres migratoires expliquent une partie du drame sans l'excuser. Des centaines de milliers de Mozambicains vivent en Afrique du Sud, attirés par une économie plus large, des emplois informels, des envois de fonds vers le nord. Quand la pauvreté monte, quand la criminalité s'installe, certains politiciens et groupes populistes désignent l'étranger comme bouc émissaire. Le résultat est prévisible : lynchages, incendies de boutiques, morts.
L'autre face : l'Afrique du Sud est aussi victime de ses propres fractures. Chômage massif des jeunes, inégalités héritées de l'apartheid, services publics défaillants. Tuer un Mozambicain ne crée pas un emploi. Brûler une épicerie nigeriane ne remplit pas un plateforme. La xénophobie est une fausse solution à une vraie crise sociale.
Pour l'Afrique 2050, l'intégration régionale de la SADC ne tiendra pas si les peuples se haïssent aux frontières. Le Corridor Maputo-Johannesburg, le commerce transfrontalier, la main-d'œuvre saisonnière reposent sur une confiance minimale. Chaque mort mozambicain en Gauteng est un revers pour le projet africain de libre circulation que Pretoria prétend défendre au niveau continental.
L'Afrique du Sud peut-elle encore parler d'unité africaine quand ses rues tuent ses voisins ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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