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Vingt et une morts dans la nuit. Puis des dizaines de jeunes ont marché dans les rues de Beni, cadavres sur les épaules, pour hurler leur colère face à Kinshasa.
Publié le 2 juin 2026 à 09:37 UTC+0

Beni ne pardonne plus. Dans la nuit qui vient de s'achever, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), groupes liés à l'État islamique, ont frappé en ville. Au moins 21 morts, selon TV5MONDE et France24. C'est la première fois depuis plus de trois ans que les ADF attaquent à l'intérieur de la cité, un signal préoccupant pour l'est de la République démocratique du Congo.
Le lendemain, la colère a débordé. Des dizaines de jeunes habitants ont défilé avec les corps de leurs proches, machettes et sang sur le sol, pour inciter les autorités congolaises à réagir. Les forces de l'ordre ont tiré en l'air. Le cortège a traversé plusieurs quartiers malgré les tentatives de dispersion. Un député provincial accuse Kinshasa de négligence face aux alertes répétées.
Beni est une ville martyre. Les massacres se succèdent depuis des années dans le Nord-Kivu et l'Ituri. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, des attaques récentes à Mambasa et Irumu ont fait au moins 130 morts ces dernières semaines. Pendant ce temps, à Kinshasa, le débat politique oscille entre réforme constitutionnelle et crédibilité de l'État.
L'autre face : la société civile de Beni craint que les combattants ADF ne regagnent leurs anciennes positions après l'attaque. Les habitants qui frequentent la forêt pour leurs champs sont priés de prudence. L'insécurité n'est pas seulement militaire. Elle est économique, psychologique, existentielle.
Pour l'Afrique 2050, l'est de la RDC concentre des ressources immenses et une souffrance humaine que le monde peine à voir. Tant que Beni brûle, parler de développement durable sonne creux. La présence onusienne et régionale doit se traduire par des résultats visibles sur le terrain, pas seulement par des communiqués.
Peut-on encore parler de paix en RDC quand les morts de Beni sont portés dans la rue faute d'autre langage ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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