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Le M23 annonce lever l'état de siège au Nord-Kivu. Kinshasa proroge en parallèle. Députés du Kivu suspendent leur participation.
Publié le 21 juin 2026 à 10:29 UTC+0

Qui gouverne le Nord-Kivu ? Kinshasa dit une chose. Goma en entend une autre. Et le M23 annonce la sienne.
Le mouvement M23 a proclamé la levée de l'état de siège dans les zones sous son contrôle au Nord-Kivu, selon Grands Lacs News. Presque simultanément, l'Assemblée nationale à Kinshasa a voté la prorogation de l'état de siège dans le Nord-Kivu et l'Ituri, avec 381 voix pour, selon Mediacongo et Presse Actu. Deux réalités parallèles pour un même territoire.
Corneille Nangaa, figure politique liée au M23, a prononcé l'annonce depuis Goma. Le message rebelle : normaliser la vie civile, rouvrir les administrations locales, reprendre la main narrative. Le message gouvernemental : maintenir les pouvoirs exceptionnels face à l'insécurité persistante.
Les députés élus du Nord-Kivu et de l'Ituri ont suspendu leur participation aux travaux de l'Assemblée nationale en signe de protestation, selon Mediacongo. Ils estiment que la prorogation ne résout rien sur le terrain. Pas de cessez-le-feu durable. Pas de retour massif des déplacés. Juste une prolongation de régime d'exception qui dure depuis des années.
Pour les jeunes de Goma, Bukavu ou Beni, le quotidien reste celui des checkpoints, des couvre-feux, des milices multiples. L'état de siège centralise les pouvoirs militaires. Sa levée symbolique par le M23 ne change pas encore leur assiette.
Grands Lacs News parle de « surréalisme » politique : un groupe armé qui se comporte comme un gouvernement alternatif pendant que Kinshasa maintient le cadre légal de guerre.
La communauté internationale observe. Les processus de Nairobi et de Luanda peinent à produire une paix stable. L'Est congolais reste le baromètre de la crédibilité de Tshisekedi.
Kinshasa et le M23 parviendront-ils un jour à parler d'une seule voix sur la sécurité du Kivu, ou le double état de siège, réel et symbolique, scellera-t-il la partition de facto que les Congolais redoutent depuis vingt ans ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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