Le Conseil des ministres togolais crée l'Agence nationale de régulation du médicament, chargée de la lutte contre les produits falsifiés.
Publie le 10 septembre 2026 à 15:19

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Un décret, et tout un secteur change de visage. Le Togo vient de se doter d'un nouveau gendarme pour surveiller ce qui atterrit dans les pharmacies du pays.
Selon le compte rendu officiel publié par la Présidence du Conseil du Togo, le Conseil des ministres, réuni le 7 septembre 2026 sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, a adopté un décret créant l'Agence nationale de régulation du médicament et autres produits de santé. Cette structure autonome héritera du contrôle qualité, de la surveillance du marché, de l'inspection et de la pharmacovigilance.
Cette création répond à une évolution rapide du secteur pharmaceutique togolais, marquée par la diversification des produits et la multiplication des acteurs dans les chaînes d'approvisionnement. Deux mots reviennent souvent dans les explications officielles : marché illicite. Les produits falsifiés ou de qualité inférieure figurent parmi les principales préoccupations qui ont motivé la réforme.
Au-delà du contrôle, la nouvelle agence doit accompagner le développement de la production pharmaceutique locale et contribuer à ce que les autorités appellent la souveraineté sanitaire du pays. Un terme qui prend tout son sens depuis la pandémie de Covid-19, quand une bonne partie du continent avait découvert, parfois brutalement, sa dépendance aux importations de médicaments.
Le pari togolais rejoint une tendance plus large en Afrique de l'Ouest : produire davantage sur place, contrôler mieux ce qui circule, et cesser de dépendre entièrement des chaînes d'approvisionnement étrangères pour des produits aussi essentiels que des antibiotiques ou des antipaludéens.
Reste à voir si l'agence aura les moyens humains et financiers de tenir cette promesse, dans un pays où les circuits informels de vente de médicaments restent, eux aussi, bien implantés.
Une agence de plus suffira-t-elle à faire reculer les faux médicaments, ou faut-il d'abord s'attaquer aux circuits de vente informels ?
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