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15 mois de Trump : frappes militaires au Nigeria, fin des bénéfices AGOA, coupes d'aide humanitaire, mais aussi 2,5 milliards de deals commerciaux. Bilan complet d'une politique africaine pragmatique et brutale.
Publié le 16 avril 2026 à 20:32 UTC

Donald Trump est au pouvoir depuis janvier 2025. Quinze mois après, voici le bilan africain de sa politique. Il n'est pas anodin.
Le jour de Noël 2025, des avions américains ont bombardé le nord-ouest du Nigeria, dans l'État de Sokoto. Officiellement : une frappe contre l'État Islamique, à la demande du gouvernement nigérian. Dans les faits : Trump avait menacé publiquement le Nigeria depuis novembre 2025, accusant Abuja de ne pas protéger les chrétiens nigérians. Il avait dit sur Fox News qu'il pourrait envoyer des troupes ou lancer des frappes. Le 25 décembre, il a mis sa menace à exécution.
Ce précédent est historique. Pour la première fois depuis des décennies, les États-Unis ont mené une opération militaire en Afrique subsaharienne sans mandat international, dans le cadre d'une pression bilatérale liée à des considérations religieuses internes américaines. Le Nigeria a géré la situation diplomatiquement, acceptant le soutien américain pour éviter des représailles économiques.

Sur le plan commercial, Trump a mis fin aux bénéfices pratiques de l'AGOA — l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Afrique. Des tarifs de 14% sur les exportations nigérianes, 30% sur les exports sud-africains. Les industries textiles du Lesotho, du Kenya, du Ghana, qui bénéficiaient de l'accès au marché américain depuis vingt ans, sont sous pression.
Sur l'aide humanitaire : la politique de coupes massives de l'aide américaine à l'étranger a touché directement des programmes en Afrique subsaharienne. En Zambie, 1,5 milliard de dollars d'aide sanitaire ont été conditionnés à l'accès américain aux minerais critiques.
Il y a pourtant un angle qu'on oublie. En juin 2025, le sommet US-Africa Business Summit en Angola a conclu 2,5 milliards de dollars de deals dans l'infrastructure digitale, la cybersécurité, l'énergie. Trump préfère les accords commerciaux à l'aide. Pour certains économistes africains, c'est préférable à l'aide conditionnelle. Pour d'autres, c'est le même rapport de force, reformulé.
L'Afrique 2050 ne peut pas continuer à définir sa politique internationale en réaction à Washington. L'Afrique, malgré ses 55 États, reste étonnamment silencieuse collectivement face à ces décisions. C'est là que réside le vrai problème.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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