La ministre sud-africaine de la Défense refuse de dire qui a bénéficié de 2,4 milliards de rands de vols nolisés militaires, alors que la SANDF traverse une crise budgétaire sévère.
Publié le 7 octobre 2026 à 10:16 — mis à jour le 7 octobre 2026 à 21:53

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Deux virgule quatre milliards de rands. Dépensés en vols nolisés pour l'armée sud-africaine. Et un nom que la ministre de la Défense refuse de donner.
Angie Motshekga a refusé de révéler devant le Parlement qui avait bénéficié de ces fonds, selon News24, qui suit le dossier de près.
Une opacité qui s'ajoute à des données déjà documentées par le site spécialisé SA Air Force, selon lequel les dépenses en affrètement aérien de la SANDF ont atteint 2,3 milliards de rands sur cinq ans, un chiffre proche de celui évoqué devant les députés.
Ce silence intervient alors que l'armée sud-africaine traverse une crise budgétaire documentée depuis des mois par plusieurs médias locaux : pilotes renvoyés chez eux faute de carburant, capacités opérationnelles réduites, matériel vieillissant. Chaque rand dépensé en vols nolisés sans explication publique nourrit alors un sentiment de gâchis chez des contribuables qui voient leurs propres budgets militaires se resserrer.
L'Afrique du Sud reste l'une des puissances militaires de référence du continent, engagée notamment dans des missions délicates comme le déploiement en RDC, où des soldats sud-africains ont perdu la vie ces dernières années. Une armée qui veut conserver ce rôle régional ne peut pas se permettre une gestion financière opaque, au risque de perdre la confiance du Parlement autant que celle de l'opinion publique.
La transparence budgétaire n'est pas un luxe démocratique accessoire : c'est la condition pour qu'un pays continue d'investir dans sa défense sans que chaque dépense ne devienne un scandale.
L'Afrique de 2050 aura besoin d'armées fortes, mais surtout d'armées dont les comptes peuvent être expliqués, chiffre par chiffre, devant les représentants du peuple.
Le Parlement sud-africain obtiendra-t-il un jour le nom des bénéficiaires de ces vols, ou l'affaire s'éteindra-t-elle dans le silence budgétaire habituel ?
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