L’essentiel
- Nous vérifions avant de publier : la vitesse n’excuse rien.
- Nous couvrons la politique sans prendre parti, et aucun candidat ne paie pour être couvert.
- Tout contenu payé est signalé, avec le nom de celui qui paie.
- Une erreur se corrige vite, et la correction se voit.
- L’IA aide la rédaction ; un humain vérifie et signe tout ce qui est publié.
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Pourquoi cette charte
Sur ce continent, raconter n'a jamais été un métier neutre. Le griot gardait la mémoire des familles et des royaumes ; il pouvait aussi chanter les louanges du prince qui le nourrissait. Les deux figures existent encore. Nous choisissons la première : garder la mémoire de ce qui se passe, et la rendre à tout le monde. Le griot qui chante le prince n'informe pas le village.
Amadou Hampâté Bâ a rappelé au monde qu'en Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle. Notre travail est de tenir ces bibliothèques ouvertes : écouter ceux qui savent, vérifier ce qu'ils disent, et l'écrire pour ceux qui viendront.
Cette charte dit comment. Elle s'appuie sur ce que le journalisme a établi de plus solide, la Charte de Munich (1971) et le Code d'éthique et de déontologie du journaliste ivoirien (2012), et sur ce que notre époque impose de nouveau : les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle, la vitesse.
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Ce que nous croyons
L'Afrique se raconte elle-même. Pendant longtemps, l'image du continent a été fabriquée ailleurs. Binyavanga Wainaina en a fait la satire dans How to Write About Africa : la faim, la guerre, les animaux, le soleil couchant, et jamais une personne ordinaire avec une opinion. Chimamanda Ngozi Adichie a nommé le piège : le danger d'une histoire unique. Nous écrivons depuis le continent, avec ses visages, ses langues, son humour et ses contradictions.
Le terrain avant l'opinion. Ryszard Kapuściński le répétait : on ne peut pas écrire sur des gens dont on n'a pas, un moment, partagé un peu la vie. Un sujet traité sans avoir parlé à quelqu'un qui y était n'est pas fini.
Le courage n'est pas une posture. Norbert Zongo a été assassiné en 1998 pour avoir enquêté sur ce que le pouvoir voulait taire. Nous ne demandons à personne d'être un héros. Nous demandons de ne rien taire par confort, et de ne rien publier par complaisance.
La forme est un engagement. Un article que personne ne lit n'informe personne. Nous écrivons pour un lecteur jeune, mobile, qui arrive par TikTok ou WhatsApp : court quand il faut, profond quand il le mérite, toujours exact.
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Nos cinq valeurs, et l'interdit de chacune
- L'Afrique au centre, jamais en illustration. Interdit : reprendre le cadrage d'un média étranger sans le retourner.
- Le terrain avant l'opinion. Interdit : livrer un travail sans avoir parlé à quelqu'un qui y était, ou qui s'en servira.
- La forme est un engagement. Interdit : publier une image ou un texte dont on n'est pas fier parce que « ça passera ».
- L'indépendance se paie, et nous la payons. Interdit : le gombo, l'article retiré contre un budget, le contenu payé déguisé en journalisme.
- La vitesse n'excuse rien. Interdit : publier plus vite que vérifier.
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Vérité et vérification
- Un fait se vérifie avant d'être publié. Trois sources croisées pour un sujet rédigé ; une source primaire ou un média du pays concerné quand l'information vient d'un agrégateur.
- On distingue ce qui est établi de ce qui ne l'est pas. « Selon », « affirme », « n'a pas pu être confirmé » ne sont pas des précautions de style : ce sont des informations.
- On cite ses sources, sauf si les nommer les met en danger. Le secret des sources se protège ; il ne sert jamais à couvrir une rumeur.
- Une citation est exacte. On ne la coupe pas pour lui faire dire autre chose.
- Une image montre ce qu'elle dit montrer. Une photo d'archive est datée ; une illustration est signalée comme telle.
- Les rumeurs des réseaux ne sont pas des sources. Une vidéo virale se vérifie (lieu, date, auteur) avant d'être reprise, et sa vérification s'écrit dans l'article.
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Équité, politique et pouvoir
La rédaction couvre la politique, elle n'en fait pas. Nous rendons compte des gouvernements, des oppositions, des partis et des campagnes avec la même exigence pour tous. Nous ne soutenons aucun candidat, aucun parti, aucun camp. Nos journalistes n'expriment pas de préférence partisane sous la marque Scoop Afrique.
En campagne électorale :
- tous les candidats sérieux ont accès à notre couverture, selon les mêmes critères ; l'équilibre se tient sur la durée de la campagne ;
- les promesses se confrontent aux faits, et les affirmations aux chiffres, quel que soit le candidat ;
- un sondage ne se publie qu'avec son commanditaire, son institut, sa date, son échantillon et sa méthode ;
- nous ne publions aucune publicité politique, et aucun contenu payé par un candidat, un parti ou un soutien ;
- nous respectons les règles de chaque pays sur la période électorale, notamment le silence de la veille du scrutin.
Les institutions publiques. Un ministère, une agence, une collectivité peut nous confier la mise en lumière d'une action, d'un service ou d'un programme d'intérêt public : une campagne de vaccination, l'ouverture d'un guichet, un festival, un concours, une réforme qui change la vie des gens. C'est un travail de l'agence, pas de la rédaction, et il obéit à quatre règles :
- Il est signalé, et il nomme celui qui paie : « Partenariat » ou « Contenu sponsorisé », avec le nom de l'institution.
- Il ne donne aucun droit de regard sur la rédaction, qui continue de couvrir l'institution, y compris de façon critique.
- Il ne promeut pas une personne. Nous valorisons une action publique, pas la carrière d'un responsable. Aucun conseil en image, aucune stratégie de communication personnelle pour un élu ou un ministre.
- Il s'arrête en période électorale dès qu'il pourrait servir un candidat : pas de contenu payé mettant en scène un responsable candidat, ni son action, de la convocation des électeurs à la proclamation des résultats. Seule l'information pratique et neutre (inscription, lieux et dates de vote) reste possible.
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L'argent, dit à voix haute
L'agence finance la rédaction. Nous l'écrivons, parce que c'est la façon la plus propre de le dire. Un annonceur achète notre savoir-faire, jamais notre jugement. Tout contenu payé est signalé, sans exception. Aucun article publié ne se retire contre un budget. Aucun journaliste n'accepte d'enveloppe, de cadeau ou de défraiement d'une personne dont il couvre l'activité.
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Le respect des personnes
- La présomption d'innocence. Une personne mise en cause est « soupçonnée », « poursuivie », « mise en examen », jamais coupable avant d'être jugée. Elle est sollicitée avant publication, et sa réponse, ou son silence, est écrit.
- Les victimes et les mineurs ne sont ni nommés ni montrés de façon reconnaissable sans nécessité absolue et sans consentement.
- Pas de corps, pas de sang pour faire cliquer. Nous ne publions pas d'images de cadavres ou de blessés pour l'effet (c'est aussi ce que le code ivoirien interdit).
- Pas de haine. Aucune stigmatisation d'une ethnie, d'une religion, d'une nationalité, d'un genre ou d'une orientation. Nous rapportons les discours de haine quand ils font l'actualité ; nous ne les relayons pas.
- La vie privée ne se publie que si elle éclaire une question d'intérêt public.
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Corriger, et le dire
Une erreur se corrige vite, dans l'article, et la correction est signalée en bas de page avec sa date. On ne réécrit pas en silence. Un droit de réponse s'accorde dans les mêmes conditions de visibilité que l'article mis en cause.
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L'intelligence artificielle dans notre rédaction
Nous suivons les principes de la Charte de Paris sur l'IA et le journalisme (2023) : l'humain reste responsable de tout ce qui est publié.
- L'IA aide, elle ne signe pas. Elle peut suggérer des sujets, résumer des documents, proposer des titres, relire. Un journaliste vérifie chaque fait et un éditeur décide de chaque publication.
- Aucune image générée ne se présente comme une photo. Une illustration produite par une IA est signalée comme telle, et jamais utilisée pour montrer un événement réel.
- Pas de voix ni de visage fabriqués d'une personne réelle.
- Nos assistants parlent pour la maison avec les mêmes règles que nous : ils ne donnent ni prix ni engagement, ils disent ce qu'ils sont quand on le leur demande, et ils se taisent plutôt que d'inventer.
- Les contenus de nos lecteurs (messages, commentaires) ne servent pas à entraîner des modèles extérieurs.
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Ce que nous refusons, et qu'on peut nous opposer
- Nous ne travaillons pour aucun parti, aucun candidat, aucune campagne. À aucune période, sous aucune des marques du groupe.
- Nous ne vendons pas notre jugement au pouvoir. Nous pouvons faire connaître une action publique, dans les règles de la partie 4 ; nous ne conseillons aucun gouvernement ni aucun responsable sur son image, et aucun contrat public ne donne de droit de regard sur la rédaction.
- Nous ne collectons rien en secret. L'Observatoire enquête à visage découvert et publie sa méthodologie avec ses résultats.
Si l'une de ces choses nous est demandée, la réponse est non, et elle s'assume.
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Sources et lectures de la maison
- Charte de Munich, Déclaration des devoirs et des droits des journalistes (1971).
- Code d'éthique et de déontologie du journaliste ivoirien (2012), adopté notamment par le CNP et l'OLPED.
- Charte de Paris sur l'IA et le journalisme (2023), à l'initiative de Reporters sans frontières.
- Amadou Hampâté Bâ, sur la tradition orale et la mémoire.
- Ryszard Kapuściński, Le cynique ne convient pas à ce métier.
- Binyavanga Wainaina, How to Write About Africa (2005).
- Chimamanda Ngozi Adichie, Le danger d'une histoire unique (2009).
- Ngũgĩ wa Thiong'o, Décoloniser l'esprit (1986) : nommer le monde dans ses propres mots.
- Norbert Zongo, et le journal L'Indépendant qu'il a fondé.
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