Le Conseil des ministres malien a accordé le statut de Pupilles de la Nation à 247 enfants dont les pères ont été tués dans des attaques terroristes, et celui de Pupilles de l'État à 13 enfants abandonnés.
Publié le 30 août 2026 à 16:38 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:40

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Deux cent quarante-sept enfants maliens ont appris, sans le savoir encore pour la plupart, que l'État venait officiellement de reconnaître ce qu'ils avaient déjà perdu : un père, tué dans une attaque terroriste.
Réuni le vendredi 28 août sous la présidence du général d'armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté un décret accordant le statut de Pupilles de la Nation à ces 247 mineurs, et celui de Pupilles de l'État à 13 autres enfants abandonnés. Ce statut ouvre droit à une prise en charge de l'État, notamment pour la scolarité et la santé, qui note que la mesure inclut aussi des enfants de routiers tués dans des attaques attribuées aux groupes armés actifs dans le centre et le nord du pays.
L'UNICEF, qui appelait déjà les autorités à mieux protéger enfants, écoles et centres de santé face à la recrudescence des attaques, trouve là une réponse partielle, mais concrète.
Le même Conseil des ministres a validé la tenue, du 15 au 21 septembre, d'une cinquième Semaine nationale de la réconciliation, et lancé une alerte sanitaire sur la progression des cas de dengue dans le pays.
Un pays qui affronte depuis plus d'une décennie une insurrection jihadiste ne compte plus seulement ses soldats tombés. Il compte aussi, désormais, une génération d'enfants dont l'enfance a basculé un matin, sans lien avec l'école ou le jeu.
Nommer administrativement ces enfants pupilles de la Nation ne répare rien de la perte. Mais cela engage, sur le papier au moins, une responsabilité collective envers eux, dans un Sahel où la guerre a trop souvent laissé les familles des victimes se débrouiller seules.
D'ici 2050, cette génération d'enfants pupilles sera en âge de raconter, à son tour, ce que le Mali aura vraiment fait pour elle après l'attaque qui a changé sa vie.
Ce statut suffira-t-il à transformer une reconnaissance officielle en un accompagnement réel ? Ou restera-t-il, comme tant d'autres décrets, une ligne de plus dans un communiqué ?
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