Le président ghanéen John Mahama a gracié 863 détenus, quelques semaines après une précédente amnistie de près de 998 prisonniers. Un choix qui divise l'opinion.
Publié le 7 octobre 2026 à 10:29 — mis à jour le 7 octobre 2026 à 20:51

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Huit cent soixante-trois personnes. Dehors. Sur simple décision présidentielle.
Le président ghanéen John Mahama a gracié 863 détenus condamnés, une annonce confirmée à la fois par Citi Newsroom et par le média public GBC Ghana Online. Un geste qui s'ajoute à l'amnistie de près de 998 prisonniers déjà accordée en août, et qui interroge sur la philosophie pénale que le dirigeant veut imposer à son pays.
Mahama justifie ces grâces massives par la surpopulation carcérale et par des considérations humanitaires, notamment envers les détenus âgés ou gravement malades, comme l'avait déjà précisé Graphic Online lors de la précédente vague d'amnisties. Mais la méthode, répétée à quelques mois d'intervalle, commence à diviser l'opinion ghanéenne entre ceux qui saluent une politique de clémence assumée et ceux qui redoutent un relâchement du système judiciaire.
Derrière les chiffres, il y a des familles qui retrouvent un proche, et d'autres qui s'inquiètent de croiser un jour celui qui les a lésées. Le Ghana n'est pas un cas isolé sur le continent : plusieurs pays africains utilisent la grâce présidentielle comme soupape face à des prisons qui débordent largement leur capacité réelle, faute de moyens pour construire de nouveaux établissements ou accélérer les procès.
Si l'Afrique veut se donner une justice crédible à l'horizon 2050, elle devra choisir entre deux voies : désengorger ses prisons par la grâce politique, ou investir dans des systèmes judiciaires plus rapides et plus justes en amont. Les deux ne se valent pas sur le long terme.
Ce nouveau geste de clémence renforcera-t-il la confiance des Ghanéens dans leurs institutions, ou donnera-t-il le sentiment que la prison n'est plus une sanction définitive ?
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