A.A.G., 21 ans, enceinte de huit mois, a été tuée dans la cour de son domicile à Agboville. Son compagnon présumé, rapidement interpellé, doit répondre de ce féminicide devant la justice.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:10 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 00:25

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Elle avait 21 ans, un ventre rond de huit mois et un étal de marchandises qu'elle tenait chaque jour pour préparer l'arrivée de son enfant. Dans la nuit du 21 septembre, dans la cour de sa propre maison au quartier Amakébou d'Agboville, A.A.G. est tombée sous les coups d'une arme blanche. Son compagnon présumé a été interpellé quelques heures plus tard.
Selon le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, dirigé par Nassénéba Touré, ce meurtre constitue "une nouvelle manifestation des violences faites aux femmes".
Le MFFE confirme l'ouverture d'une procédure et affirme vouloir que cette interpellation "permette de faire toute la lumière sur les circonstances du drame". D'après les détails relayés par Linfodrome, la victime aurait été atteinte à la machette, dans une scène que des proches ont découverte au petit matin. L'AIP précise, de son côté, que le ministère réaffirme sa doctrine de "zéro impunité" et "zéro compromis" face aux violences basées sur le genre, et appelle les leaders communautaires et la société civile à se mobiliser.
Ce dossier tombe dans un pays qui compte, ces dernières années, une série de féminicides restés sans réponse structurelle forte : des numéros verts qui existent sur le papier, des centres d'accueil sous financés, et des textes de loi qui peinent à devancer la violence plutôt qu'à la constater après coup. Une femme tuée alors qu'elle portait la vie n'est pas un fait divers isolé, c'est la preuve que la parole publique ne suffit plus à protéger les corps.
Le continent qui se dessine d'ici la décennie prochaine ne pourra pas se prévaloir d'une jeunesse en expansion démographique tout en laissant ses mères mourir dans la cour de leur propre maison. Une Afrique qui grandit doit d'abord garder ses femmes en vie.
Qu'est-ce qui manque encore, à Agboville comme ailleurs, pour qu'une plainte de violence conjugale soit prise au sérieux avant qu'il ne soit trop tard ?
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