Kéita Daouda, professeur d'anglais, est mort après une intervention des forces de l'ordre à un corridor de Bédiala, près de Daloa. Les syndicats enseignants décrètent trois jours de deuil et réclament la vérité.
Publié le 29 septembre 2026 à 10:54 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 14:52

Ecouter l'article
Des salles de classe vides à Daloa, et des enseignants qui pleurent un collègue au lieu de faire l'appel. Voilà ce que la région du Haut-Sassandra a découvert ce week-end.
Kéita Daouda, professeur d'anglais, est mort dans des circonstances encore débattues à un corridor de Bédiala, rapportent l'AIP et Linfodrome.
Selon plusieurs témoignages relayés par Nordsud.info, des enseignants présents au moment des faits auraient eux-mêmes été frappés et gazés par les forces de l'ordre. Sur ce point précis, la version des autorités reste attendue, mais le syndicat SYRES a d'ores et déjà exigé, selon Ouestin, que toute la vérité soit faite sur ce qu'il qualifie sans détour de bavure. Une accusation grave. Le Syndicat national de recherche et d'enseignement supérieur a décrété trois jours de deuil, confirme l'AIP, provoquant la fermeture de plusieurs établissements scolaires de Daloa et de Bédiala.
Un corridor routier, ce goulot d'étranglement où se croisent contrôles administratifs, taxes informelles et nervosité des forces de sécurité, n'est jamais un simple point de passage en Afrique de l'Ouest. C'est souvent là que se joue, de façon brutale, la relation de confiance entre une population et l'État censé la protéger. Quand la victime est un enseignant, celui qui est censé incarner l'autorité pédagogique et le respect du savoir, le choc dépasse largement le seul cadre syndical.
D'ici 2050, la capacité des États africains à établir sans délai la vérité sur ce type de drame, sans attendre la pression de la rue ou des syndicats, sera l'un des marqueurs les plus concrets de la consolidation de leur État de droit. Une enquête menée avec transparence peut désamorcer une colère légitime ; une enquête étouffée la transforme en défiance durable.
Combien de temps le ministère ivoirien de l'Éducation et celui de la Sécurité mettront-ils à établir clairement les responsabilités dans la mort de Kéita Daouda, avant que la colère enseignante ne se transforme en mouvement social plus large ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…