La deuxième édition du festival Yessouan célèbre le patrimoine agni et interroge la transmission des traditions aux jeunes générations.
Publié le 24 août 2026 à 18:10 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 18:36

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Un tambour ne parle pas tout seul. Il faut un initié pour traduire ses roulements en mots, en messages, en mémoire. À Bongouanou, dans l'est de la Côte d'Ivoire, la deuxième édition du festival Yessouan a mis à l'honneur cet instrument singulier : le tambour parleur, appelé localement Kêniankpli, présenté comme un symbole d'identité, de cohésion et de mémoire pour la communauté agni.
Le festival, lancé fin décembre 2024 à Assié-Koumassi, réunit les villages de la tribu Assié autour de leurs pratiques ancestrales. L'AIP avait déjà documenté, lors du lancement, la présentation du Mê, une musique traditionnelle jadis réservée aux chefs et aux nobles avant d'accompagner aujourd'hui les grands événements de la communauté. Le pays agni du Moronou multiplie ces rendez-vous : le Morofwè N'Ganda Festival de Bongouanou en est à sa cinquième édition, l'Anohou Festival à sa quatorzième, chacun consacré à un pan différent du patrimoine local.
Cette effervescence culturelle survient dans un contexte national particulier. En mars 2026, la Côte d'Ivoire a célébré le retour du tambour parleur Djidji Ayôkwé, spolié par la France en 1916 et restitué après plus d'un siècle d'absence, un dossier suivi de près par franceinfo et le ministère français de la Culture. De quoi donner un écho national à ce que Bongouanou célèbre à son échelle : la conviction que ces objets ne sont pas de simples pièces de musée, mais des repères vivants de cohésion sociale.
Reste la question que chaque édition du festival pose implicitement : combien de jeunes Agni sauront encore, dans une génération, interpréter le langage du tambour, plutôt que simplement l'écouter battre ?
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