Le groupe australien Aurum Resources annonce la découverte d'un important gisement aurifère dans le Nord ivoirien, avec une production attendue dès 2028 et plus de 4 000 emplois promis.
Publié le 11 octobre 2026 à 13:11 — mis à jour le 17 octobre 2026 à 18:34

Sous les champs de coton et les pistes rouges de Boundiali, dans l'extrême nord ivoirien, dormait un secret que personne n'avait su lire : 115 tonnes d'or. Le 8 octobre, le groupe minier australien Aurum Resources l'a annoncé au Premier ministre Robert Beugré Mambé.
L'information, rapportée par APA News, dépasse la découverte géologique : elle touche à une promesse politique, faire de la Côte d'Ivoire le premier producteur d'or du continent à l'horizon 2035. Après Koné, Assafou-Dibibango ou Doropo, Boundiali et Kouto redessinent un Nord longtemps perçu comme la périphérie pauvre d'une économie tournée vers le cacao.
Réparti sur quatre zones à ciel ouvert, le gisement doit entrer en production au premier semestre 2028, pour un objectif annoncé d'environ 30 tonnes d'or par an. Aurum Resources, qui a repris le projet après le rachat de Mako Gold en 2025, évoque plusieurs années d'exploitation. Son PDG, Caigen Wang, qualifie ces objectifs d'"ambitieux".
Plus de 200 milliards FCFA seraient investis. Le gouvernement avance un chiffre vertigineux : près de 865 milliards FCFA de recettes publiques sur la durée de l'exploitation, de quoi financer des routes, des hôpitaux ou des écoles dans une région qui en manque. Dix-huit milliards FCFA iront aux infrastructures locales via le fonds de développement local minier, le CDLM.
Plus de 4 000 emplois sont promis. Pour une jeunesse du Nord souvent contrainte à l'exode vers Abidjan ou à l'orpaillage clandestin, c'est une offre qui pourrait changer une trajectoire de vie. Mais la vraie question reste celle de la transformation : combien de ces emplois seront qualifiés et durables ?
L'Afrique regorge de sous-sols convoités, du Ghana au Mali en passant par la Côte d'Ivoire. En 2050, le continent aura soit continué à exporter sa richesse brute, soit appris à la transformer chez lui, en emplois et en compétences qui restent après la dernière pépite extraite. Boundiali en est un test réel.
L'or de Boundiali profitera-t-il d'abord aux villages qui l'ont porté sous leurs pieds pendant des siècles, ou grossira-t-il une statistique nationale qui oublie le Nord une fois les communiqués officiels passés ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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