Deuxième discours du président guinéen devant l'Assemblée générale des Nations unies, entre défense de sa gouvernance et vitrine du mégaprojet minier Simandou.
Publié le 24 septembre 2026 à 08:59 — mis à jour le 1 octobre 2026 à 04:11

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New York, tribune verte et marbre poli. Mamadi Doumbouya s'avance au pupitre de l'Assemblée générale des Nations unies, costume sombre, voix posée. À des milliers de kilomètres, dans les collines de Guinée forestière, des ouvriers creusent encore la voie ferrée censée acheminer le minerai de fer de Simandou jusqu'à l'océan.
Le président guinéen s'est exprimé les 22 et 23 septembre 2026 devant la 81e session de l'Assemblée générale, sa deuxième intervention depuis sa prise de pouvoir en 2021. Il y a défendu ses choix de gouvernance et présenté Simandou comme la vitrine du développement du pays, selon le texte intégral publié par Guinee360. Le mégaprojet minier, l'un des plus importants gisements de fer au monde, doit transformer l'économie guinéenne si les délais et les promesses tiennent.
En 2023 déjà, à cette même tribune, le même homme critiquait les dirigeants africains qui prolongent leur pouvoir par des révisions constitutionnelles, rappelle Avenirguinee.org. Trois ans plus tard, c'est un bilan économique qu'il vient défendre, pas un discours de principes, un glissement qui interroge sur la trajectoire réelle de la transition guinéenne.
Simandou cristallise une question que tout le continent se pose : les mégaprojets miniers financés et opérés par des capitaux étrangers profitent-ils vraiment aux populations qui vivent sur ces terres ? Guinee7 note que le discours a surtout retenu l'attention pour son insistance sur les retombées attendues plutôt que pour une vision politique claire. D'ici 2050, l'Afrique qui aura appris à transformer ses minerais chez elle, plutôt qu'à les exporter bruts, sera celle qui aura vraiment tourné la page de l'extraction coloniale.
Doumbouya a vendu une promesse à l'ONU. Reste à savoir si les villages de Guinée forestière la verront un jour se réaliser.
Un mégaprojet minier peut-il, à lui seul, justifier une gouvernance qu'on ne questionne plus ?
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