Fréquences, satellites, câbles sous-marins : l'Afrique peaufine sa position commune avant la conférence mondiale de l'UIT à Doha. Un rendez-vous technique aux enjeux très concrets.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:19 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:45

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Chaque gigaoctet payé sur un smartphone à Abidjan, Dakar ou Nairobi a, quelque part, été négocié loin des utilisateurs, dans des salles où les fréquences, les satellites et les câbles sous-marins changent de règles tous les quatre ans. Cette semaine, l'une de ces salles se trouve à Abidjan.
Du mardi 15 au jeudi 17 septembre 2026, l'hôtel Radisson Blu de l'aéroport accueille l'APM26-4, quatrième et dernière réunion préparatoire des pays africains avant la Conférence des plénipotentiaires de l'Union internationale des télécommunications (UIT), prévue en novembre à Doha.
Selon l'agence ivoirienne de presse (AIP), l'enjeu est de bâtir une position africaine unique face aux grandes puissances télécoms, sur des sujets aussi concrets que l'attribution des fréquences, les orbites satellites ou la régulation de la 5G et bientôt de la 6G.
La rencontre, organisée par l'Union africaine des télécommunications (UAT), doit aussi trancher les candidatures africaines aux sièges du Conseil de l'UIT, l'organe qui pèse entre deux conférences. Le secrétaire général de l'UAT, John Omo, présente ce comité comme « l'un des organes clés de l'Union, dont les recommandations doivent éclairer les décisions lors de la Conférence des Plénipotentiaires ». En clair : sans front commun africain, le continent négocie en ordre dispersé face à des blocs qui, eux, arrivent unis, et repart souvent avec moins d'influence sur des règles qui fixent pourtant le prix et la qualité de sa propre connexion à internet.
Les mégaconstellations de satellites qui promettent de connecter le continent depuis l'orbite basse dépendent d'accords sur des fréquences que l'UIT distribue. Une Afrique dispersée risque de louer un accès à son propre ciel numérique, faute d'avoir su peser au bon moment.
La souveraineté numérique africaine se joue-t-elle vraiment dans les sommets sur l'intelligence artificielle qui font la une, ou d'abord dans des réunions techniques comme celle d'Abidjan, que presque personne ne regarde ?
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