Samedi 22 août, la commune d'Abobo a officiellement installé son nouveau responsable religieux, en présence de la maire et présidente du Sénat, Kandia Camara.
Publié le 24 août 2026 à 18:10 — mis à jour le 4 octobre 2026 à 23:55

Ecouter l'article
Le rond-point de la mairie d'Abobo, samedi 22 août, ne ressemblait à aucun autre jour. Fidèles, pasteurs, autorités municipales : tous venus pour un même rituel, l'investiture d'un nouveau responsable religieux appelé à fédérer une commune de plus d'un million d'habitants.
Le Bishop Lougah a été officiellement installé à la présidence du Haut Conseil des Églises d'Abobo, lors d'une cérémonie conduite par la Conférence des Évêques Pentecôtistes et Évangéliques de Côte d'Ivoire (CEPE-CI), rapporte Afriksoir. Kandia Camara, présidente du Sénat et maire de la commune, y assistait aux côtés de plusieurs responsables religieux, confirme le média Yeclo.com.
Dans son propos, l'Évêque général de la CEPE-CI, Jean Kinankpeffan Koné, a salué l'engagement de Kandia Camara pour le développement d'Abobo, commune dont elle est originaire, et qualifié la nouvelle fonction du Bishop Lougah d'« honneur » autant que de « mission exigeante », selon Yeclo.com. Le Haut Conseil réunit des responsables de différentes confessions chrétiennes de la commune, engagés dans des actions de médiation sociale et de dialogue interreligieux. Kandia Camara, réélue maire d'Abobo en 2023 avec plus de 98 % des suffrages selon le journal FratMat, cumule ce mandat local avec la présidence du Sénat ivoirien depuis octobre 2023.
Pourquoi cette cérémonie mérite qu'on s'y attarde, au-delà du protocole ? Parce qu'à Abobo, commune la plus peuplée d'Abidjan et souvent citée pour ses tensions sociales, les Églises jouent un rôle que ni la mairie ni l'État ne peuvent remplir seuls : celui de médiateur de proximité, de premier recours quand la colère gronde dans les quartiers.
Dans une Afrique où le fait religieux structure autant, sinon plus, que le fait politique, la solidité de ces institutions locales pèse directement sur la cohésion sociale.
Jusqu'où les autorités civiles doivent elles s'appuyer sur les leaders religieux pour maintenir la paix sociale dans les grandes villes africaines ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…