À Abidjan, la troisième édition des Journées du droit d'accès à l'information publique s'est achevée sur un constat : la loi existe, reste à la faire vivre auprès des citoyens.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:42 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 11:32

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L'information existe. Elle est publiée, archivée, parfois affichée en ligne. Le problème ivoirien n'est pas la pénurie de données publiques. C'est que presque personne ne va les chercher.
Réunie à Abidjan du 24 au 28 septembre pour la troisième édition des Journées du droit d'accès à l'information publique, la Commission d'accès à l'information (CAIDP) a choisi un thème sans détour : « L'information publique, de l'accès à l'action ».
Selon Abidjan.net, sa présidente Anne-Marie Konan Payne a rappelé que le droit existe et qu'il est consacré, avant de recentrer le débat sur l'essentiel : construire les conditions de son exercice réel. Représentant le Premier ministre à l'ouverture, le ministre de la Communication Amadou Coulibaly a posé la question qui dérange, relayée par l'AIP : « Comment faire en sorte que ceux auxquels cette information est destinée acceptent effectivement d'aller la chercher, de la consulter, de la comprendre et de l'utiliser ? »
Un cadre légal solide (loi de 2013, droit constitutionnalisé en 2016) ne sert à rien si le citoyen d'Abobo ou de Korhogo ignore qu'un rapport de la Cour des comptes est déjà en ligne avant qu'il ne devienne une « révélation » sur les réseaux sociaux, comme l'a écrit AfrikSoir en rapportant les propos du ministre sur la désinformation. C'est tout le paradoxe d'un continent hyperconnecté : jamais l'information n'a autant circulé, jamais elle n'a été aussi peu vérifiée avant d'être partagée.
À l'horizon 2050, une Afrique de plus de deux milliards d'habitants ne pourra pas construire de démocraties solides sur des citoyens tenus à distance de leurs propres institutions. La transparence n'est pas un luxe de pays riches, c'est une infrastructure, au même titre qu'une route ou un réseau électrique. Sans elle, aucune redevabilité durable.
Le vrai combat commence maintenant, quand la loi est déjà signée. Faudra-t-il qu'une école forme les citoyens à réclamer l'information avant même de leur apprendre à lire un budget public ?
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