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Depuis le 25 avril 2026, les Nigériens peuvent obtenir une carte d'identité biométrique valable dans les 3 pays de l'AES. Un passeport commun est la prochaine étape. L'intégration qui avance en silence pendant que les projecteurs sont sur les attaques.
Publié le 30 avril 2026 à 07:13 UTC+0

Depuis le 25 avril 2026, les Nigériens peuvent se rendre dans un commissariat de Niamey pour obtenir quelque chose qui n'existait pas il y a six mois : une carte d'identité biométrique valable dans les trois pays de l'AES : Mali, Burkina Faso, Niger.
Ce document n'est pas qu'une pièce d'identité ordinaire. C'est un signal d'intégration politique fort. La carte est biométrique, elle intègre les données physiques du porteur (visage, empreintes digitales) ce qui la rend infalsifiable et fiable. Et elle est reconnue dans les trois pays membres de la Confédération des États du Sahel.
En pratique, un Malien pourra se déplacer au Burkina ou au Niger sans visa, en présentant simplement cette carte. Un Nigérien pourra accéder à certains services publics au Mali ou au Burkina avec ce même document. Le secrétaire général du ministère nigérien de l'Intérieur a annoncé qu'elle ouvre également la voie à un passeport numérique commun entre les trois pays — une intégration documentaire qui n'existe même pas encore dans la CEDEAO.
La CEDEAO a été construite sur un principe : la libre circulation des personnes. Après 50 ans d'existence, ce principe reste partiellement appliqué. Des barrières, des contrôles routiers, des frais officieux persistent. L'UEMOA a une monnaie commune depuis 30 ans, mais le commerce intra-zone stagne à moins de 15%.
L'AES, elle, avance sur l'intégration documentaire en quelques mois. Certes, les trois pays sont sous pression sécuritaire, isolés diplomatiquement, et leurs économies souffrent. Mais ils construisent des réalités tangibles, à leur rythme, selon leur propre logique.
C'est le paradoxe de l'AES : des pays qui ont rompu avec toutes les institutions africaines classiques mais qui construisent, silencieusement, leurs propres institutions de substitution.
Source image de couverture ; Le 360 AFRIQUE
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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