Une quinzaine de personnes armées de bâtons a tenté d'empêcher des demandeurs d'asile de faire la queue devant un centre d'accueil de Durban, au lendemain de la réouverture du système d'asile.
Publié le 8 octobre 2026 à 12:03 — mis à jour le 8 octobre 2026 à 19:30

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Des bâtons à la main, le visage parfois masqué. Mardi 6 octobre, une quinzaine de personnes a débarqué devant le centre d'accueil des réfugiés de Durban, raconte GroundUp, pour empêcher des demandeurs d'asile de simplement faire la queue.
Le groupe a bousculé des familles qui attendaient depuis l'aube, certaines ayant dormi dans la rue pour garder leur place, avant que la police n'intervienne et ne les repousse de l'autre côté de la route. Là, les insultes xénophobes ont continué, selon GroundUp, qui cite le mot « kwerekwere », une insulte courante contre les étrangers en Afrique du Sud, et des appels à aller chercher l'asile dans le pays le plus proche du leur.
Le lendemain, selon IOL, des dizaines de personnes patientaient encore devant le centre, dans l'attente d'un nouveau rendez-vous.
L'incident intervient au pire moment : le ministère de l'Intérieur venait de rouvrir, le 5 octobre, le système de demande d'asile après six ans de fermeture, suite à une décision de la Cour constitutionnelle rendue en juillet.
Des centaines de personnes, dont certaines bloquées dans les limbes administratifs depuis le confinement Covid, se sont présentées dès la réouverture. Seules 20 demandes ont pu être traitées en une journée. News24, de son côté, a dû démentir une rumeur selon laquelle ces demandeurs d'asile seraient inscrits pour voter aux prochaines élections, signe de la tension informationnelle qui entoure déjà le dossier.
Bihh Mutombo, arrivé de République démocratique du Congo il y a douze ans, attendait depuis 6 heures du matin. Il ignore encore si sa famille restée au pays est toujours en vie. Son histoire dit tout du fossé entre un pays qui a l'une des économies les plus avancées du continent et un système d'asile resté à l'arrêt pendant six années entières.
L'Afrique du Sud n'est pas seule à devoir choisir entre fermer ses portes et bâtir un continent où la mobilité, de pays en pays, devient une force plutôt qu'une menace. Mais en attaquant une file d'attente à coups de gourdin, ce n'est clairement pas elle qui montrera le chemin de 2050.
Qui protège qui, dans cette histoire ?
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