La ministre des Transports Barbara Creecy a rejeté toute aide publique supplémentaire au Road Accident Fund, ainsi que sa proposition de relever la taxe sur les carburants. Priorité affichée : réformer la gestion, pas faire payer les automobilistes.
Publié le 14 octobre 2026 à 10:22 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 06:55

Un fonds qui doit indemniser les victimes d'accidents de la route, et qui peine déjà à tenir ses engagements. Le Road Accident Fund (RAF) sud-africain voulait deux choses pour s'en sortir : une rallonge budgétaire de l'État, et une hausse de la taxe sur les carburants de 3 rands par litre. La ministre des Transports, Barbara Creecy, a dit non aux deux.
Son argument tient en une phrase : les automobilistes sont déjà sous pression financière, inutile d'ajouter une taxe. Plutôt que de chercher de nouvelles recettes, elle veut que le RAF corrige sa gestion et ses finances en interne. Un nouveau directeur général a été nommé, et la nomination d'un conseil d'administration permanent est en cours.
L'article ne donne ni le montant du déficit du RAF, ni l'ampleur de son retard sur les dossiers d'indemnisation. Mais le signal politique est clair : pas de bouée de sauvetage publique pour un fonds dont la gestion est critiquée depuis des années. Creecy évoque aussi une réforme législative à venir, pour fixer "un barème clair de prestations". Autrement dit, le problème ne serait pas seulement budgétaire : le cadre même qui définit ce que le fonds doit payer, et à qui, devrait changer.
Cette décision dépasse le seul dossier routier. Elle illustre un choix que beaucoup de gouvernements africains doivent faire aujourd'hui, entre renflouer sans condition des institutions publiques en difficulté, ou les forcer à se réformer avant tout nouvel argent. L'Afrique du Sud, confrontée à des finances publiques tendues, choisit visiblement la seconde option.
Une Afrique qui veut des services publics solides en 2050 ne pourra pas se permettre des fonds d'indemnisation qui accumulent les retards sans jamais être réformés. La question, pour les milliers de victimes de la route sud-africaines qui attendent une indemnisation, c'est de savoir combien de temps cette réforme promise prendra avant de se traduire en chèques effectivement payés.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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