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Dans une allocution télévisée, Cyril Ramaphosa promet des mesures décisives : quotas, tribunaux spécialisés, 10 000 inspecteurs du travail. Pretoria répond à la rue xénophobe sans nommer Kleinmond.
Publié le 8 juin 2026 à 14:54 UTC+0

Pretoria parle enfin fort. Mais la rue anti-immigrés parle plus fort depuis des semaines.
Dans une allocution télévisée diffusée dimanche 7 juin, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé un renforcement significatif de la lutte contre l'immigration irrégulière. Quotas sur la main-d'œuvre étrangère régulière, tribunaux spécialisés, expulsions accélérées, relocalisation des centres d'asile près des frontières : le chef de l'État dévoile un arsenal administratif dense.
Le ministère de l'Emploi recrute 10 000 inspecteurs supplémentaires pour traquer les employeurs qui recrutent des travailleurs sans papiers. Les sanctions seront durcies. Ramaphosa affirme que plus de 450 000 tentatives d'entrée illégale ont été déjouées en douze mois.
Cette prise de parole intervient après les violences xénophobes qui ont forcé des centaines de migrants, Malawites, Mozambicains, Ghanéens, à fuir dans les montagnes de Kleinmond et d'autres localités du Western Cape. L'opération « Benoni Shutdown », prévue ce lundi, s'inscrit dans une série de mobilisations hostiles aux étrangers.
Ramaphosa reconnaît des « faiblesses », de la corruption et une « érosion de la confiance du public » dans la gestion migratoire. Il appelle aussi les citoyens à ne pas prendre la justice entre leurs mains. Mais pour des milliers de travailleurs africains, le message est clair : l'Afrique du Sud se referme.
Le paradoxe reste brutal. Le pays le plus industrialisé du continent doit sa libération à la solidarité panafricaine. Aujourd'hui, des Africains fuient ses quartiers comme on fuit une guerre. Expulser ne crée pas d'emplois. Gouverner l'économie, l'éducation et la redistribution, si.
Une Afrique puissante se construit par la collaboration, pas par la peur de l'autre. Pretoria protégera-t-elle enfin la dignité de ceux qui font tourner son économie, ou laissera-t-elle la xénophobie devenir politique d'État ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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