Après la découverte de neuf corps de femmes à Ekurhuleni, le président Cyril Ramaphosa a annoncé une stratégie d'urgence contre les violences basées sur le genre.
Publié le 1 octobre 2026 à 11:30

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Neuf corps de femmes retrouvés en quelques semaines dans la région d'Ekurhuleni, dans la province sud-africaine du Gauteng. Un président qui parle, un soir de télévision nationale, d'une « honte nationale ». L'Afrique du Sud n'en est pas à sa première prise de parole sur les violences faites aux femmes, mais celle du 29 septembre a un poids particulier.
Cyril Ramaphosa s'est adressé à la nation ce mardi soir pour détailler la réponse du gouvernement face à cette vague de féminicides, selon le site officiel SAnews.
Le président a annoncé l'approbation d'une stratégie d'urgence par le Comité interministériel sur les violences basées sur le genre et les féminicides, rappelant que « l'abus, le viol et le meurtre de femmes ne font pas partie de notre héritage », une phrase déjà prononcée quelques jours plus tôt et relayée par la chaîne ENCA. Sur le site sud-africain Briefly.co.za, une partie de la population se dit pourtant sceptique : des habitants d'Ekurhuleni réclament des résultats concrets plutôt qu'un nouveau discours, après plusieurs promesses similaires restées sans suite ces dernières années.
L'Afrique du Sud affiche l'un des taux de féminicide les plus élevés au monde hors contexte de guerre déclarée, un paradoxe amer pour un pays qui s'est doté, dès 1996, d'une des Constitutions les plus protectrices de la planète en matière d'égalité des genres. Le droit sur le papier n'a jamais suffi à vider les townships de la peur qui s'y installe à la tombée de la nuit.
Le continent entier a intérêt à suivre ce dossier, car le Gauteng n'est pas un cas isolé : du Nigeria au Kenya, les associations de défense des droits des femmes alertent depuis des années sur un sous-financement chronique des unités spécialisées. D'ici 2050, aucune économie africaine ne pourra prétendre à une croissance inclusive si la moitié de sa population continue de calculer, chaque soir, le chemin le plus sûr pour rentrer chez elle.
Combien de discours présidentiels faudra-t-il encore avant qu'une stratégie d'urgence ne devienne, enfin, une baisse durable du nombre de femmes tuées ?
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