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Afrique du Sud restitue 8 cercueils de restes humains au Zimbabwe, dont un chef tribal avec le crâne pris en 1910. Tambour Djidji Ayôkwé CI février 2026. Vague de réparations du patrimoine africain.
Publié le 18 avril 2026 à 19:22 UTC

"Il était le leader de quelqu'un, l'ancêtre de beaucoup de gens. Il a été assis dans un tiroir de musée pendant 116 ans."
Ces mots sont ceux de Gayton McKenzie, ministre de la Culture d'Afrique du Sud, lors d'une cérémonie de restitution organisée ce mois d'avril au Cap.
Devant lui, huit cercueils drapés du drapeau zimbabwéen. A l'intérieur : les restes d'hommes et de femmes dont les os avaient été arrachés à leurs tombes par des colons qui se disaient scientifiques.
Pendant l'ère coloniale, des anthropologues européens ont exhumé des milliers de corps africains au nom de la "science raciale". Ces restes ont été catalogués, mesurés, entreposés dans les musées d'Afrique du Sud, d'Europe et d'Amérique du Nord.
Parmi les restes rendus au Zimbabwe cette semaine, un est particulièrement symbolique : un chef tribal dont le crâne et la mâchoire avaient été prélevés en 1910. Un homme qui avait dirigé un peuple, qui avait un nom, une terre. Réduit à une référence dans une collection.
"Ils n'ont pas été trouvés. Ils n'ont pas été donnés. Ils ont été enlevés de leurs tombes", a dit McKenzie.
Cette restitution arrive deux mois après que la France a rendu à la Côte d'Ivoire le tambour parleur Djidji Ayôkwé, prélevé en 1916. La CI demande encore 147 autres objets. L'Allemagne rend des bronzes au Nigeria. Les Britanniques débattent encore, lentement.
Il y a un paradoxe africain touchant dans cette histoire : c'est l'Afrique du Sud qui rend au Zimbabwe ce que les Britanniques avaient pris. Des pays africains assument la responsabilité de corriger des injustices coloniales qu'ils n'ont pas commises. C'est une démonstration de maturité continentale.
Les ossements d'un chef zimbabwéen dans un tiroir de musée sud-africain ne sont pas une curiosité historique. C'est le résultat d'un système qui niait l'humanité des Africains au nom de la science. Remettre ces restes à la terre dit clairement que l'Afrique décide désormais elle-même de ce qui lui appartient.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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