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Des centaines de migrants malawites et mozambicains dorment dans les montagnes du Western Cape après des attaques. March and March et la police paralysée alimentent la honte continentale.
Publié le 6 juin 2026 à 12:24 UTC+0

Pendant quarante-huit heures, les pics gris de Kleinmond ont servi de refuge improvisé. Dans le froid hivernal du Western Cape, des centaines de migrants africains, surtout originaires du Malawi et du Mozambique, ont dormi dans les broussailles pour échapper à des bandes armées de couteaux et de bâtons.
« Ils nous ont dit que s'ils nous trouvaient chez nous, ils allaient nous tuer », raconte Lado Amido, Mozambicain de 49 ans. Le 31 mai, une foule a enfoncé sa porte, pillé ses biens et l'a forcé à fuir dans la montagne. En contrebas, la mairie de Kleinmond accueille visages anxieux, enfants en larmes et sacs arrachés à la hâte.
La violence fait partie d'une vague coordonnée d'actions anti-immigrés le long de la côte sud-africaine : Mossel Bay, Gansbaai, Kleinmond, puis extension vers Gauteng et KwaZulu-Natal. À Mossel Bay, des incendies ont détruit des habitations informelles. Un adolescent sud-africain de 18 ans est mort lors d'un braquage raté. Deux ressortissants mozambicains ont été tués. Maputo évoque un déplacement bien plus massif et prépare le rapatriement de près d'un millier de citoyens.
Le moteur identifié est le mouvement « March and March », mené par Jacinta Ngobese-Zuma, aux côtés de mobilisations comme Operation Dudula. Quand les foules exigent que les étrangers quittent leurs logements, la police sud-africaine (SAPS) peine à protéger les personnes visées. Les unités d'ordre public sont déployées, mais la protection concrète des migrants reste insuffisante.
L'Afrique du Sud reste une puissance économique régionale. Elle ne peut pas être perçue comme un piège pour ceux qui viennent y travailler. Chaque image de Mozambicain caché dans les montagnes est une défaite du projet panafricain.
Pretoria protégera-t-elle enfin les travailleurs africains ou laissera-t-elle la rue dicter qui a le droit de rester ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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