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Accra autorise le rapatriement d'urgence après les violences anti-immigrés. Le Ghana a aussi saisi l'UA. La honte continentale continue.
Publié le 6 juin 2026 à 12:11 UTC+0

Quand un pays doit rapatrier ses fils, c'est toute l'Afrique qui perd la face.
Face aux violences anti-immigrés qui secouent l'Afrique du Sud, le Ghana a autorisé le rapatriement d'urgence de 300 de ses ressortissants. Accra a aussi demandé à l'Union africaine d'inscrire la crise xénophobique à l'ordre du jour de son sommet de juin en Égypte.
Les images venues du Western Cape et de Gauteng sont devenues un rituel tragique : maisons forcées, biens pillés, familles expulsées, hommes cachés dans les montagnes ou les centres communautaires. Des Ghanéens, des Mozambicains, des Malawites, des Nigérians : la liste des victimes dessine une Afrique qui se bat contre elle-même.
Le paradoxe est cruel. L'Afrique du Sud doit sa libération à la solidarité continentale. Des bureaux de l'ANC existaient en exil à Accra. Oliver Tambo y marchait librement. Aujourd'hui, des Ghanéens fuient Johannesburg comme on fuit une guerre.
Accra agit. D'autres capitales temporisent. Le Nigeria, le Malawi, le Kenya ont eux aussi exprimé inquiétude ou rapatrié des citoyens. Chaque évacuation est un aveu : l'Afrique du Sud n'offre plus la protection qu'on attendait d'une sœur aînée économique.
La xénophobie ne crée pas d'emplois. Le Ghana l'a appris en 1969 en expulsant des Nigérians. Le Nigeria l'a répété en 1983 avec des millions de Ghanéens renvoyés. Expulser ne produit pas la prospérité. Gouverner mal, si.
L'UA parlera-t-elle enfin avec autorité, ou laissera-t-on les mobs décider qui est Africain ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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