Moins de 11% du PIB africain provient de l'industrie manufacturière, contre plus de 16% dans le monde. Un rapport de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique pointe les déficits d'infrastructures et de financement qui bloquent encore la transformation industrielle du continent.
Publié le 2 octobre 2026 à 09:41 — mis à jour le 2 octobre 2026 à 11:37

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Onze pour cent. C'est la part de l'industrie manufacturière dans le PIB africain, contre plus de 16% à l'échelle mondiale. Un chiffre qui, à lui seul, résume des décennies de discours sur l'industrialisation du continent restés largement sans suite.
Le rapport 2026 sur le développement durable en Afrique, publié ce 1er octobre par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA) et relayé par allAfrica, pointe une série de verrous familiers : des déficits de transport, d'énergie et de logistique qui gonflent les coûts de production et compliquent l'intégration des entreprises africaines dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. "Ce déficit d'investissement limite les capacités d'innovation," note le rapport.
Autre chiffre qui frappe : moins de 20% des petites entreprises industrielles africaines ont accès à un crédit formel dans de nombreux pays, ce qui limite d'autant leur capacité à moderniser leurs outils de production. Même constat côté recherche : la plupart des pays africains consacrent moins de 1% de leur PIB à la recherche et au développement, contre 2% en moyenne mondiale.
Pour une génération de jeunes entrepreneurs africains qui rêvent de transformer eux-mêmes leurs matières premières plutôt que de les exporter brutes, ce rapport n'a rien d'une statistique abstraite. Il décrit, concrètement, pourquoi tant d'usines africaines restent à l'état de projet.
D'ici 2050, l'Afrique qui comptera le plus de jeunes au monde ne pourra pas se contenter d'exporter du cacao, du coton ou du pétrole brut. L'objectif de développement durable consacré à l'industrie, à l'innovation et aux infrastructures restera un vœu pieux si le financement des PME industrielles et la recherche ne deviennent pas des priorités budgétaires concrètes.
Combien de rapports de ce type faudra-t-il encore avant que l'investissement dans l'industrie africaine cesse d'être un slogan de sommet pour devenir une ligne budgétaire réelle ?
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