Justice
Agboville : douze inculpés pour terrorisme après la mort d'un gendarme
Douze personnes sont inculpées pour actes terroristes et assassinat du sous-lieutenant Daniogo, tué en octobre 2025. Le dossier, très politique, se joue devant la section antiterroriste.
Abidjan — Publié le 23 octobre 2026 à 07:31

Un an jour pour jour après sa mort, l'assassinat du sous-lieutenant de gendarmerie Daniogo Klênon Lacina connaît un tournant judiciaire. Le parquet annonce que douze personnes sont inculpées pour actes terroristes et assassinat, rapporte Abidjan.net. Le militaire avait été tué par balles le 20 octobre 2025 sur l'axe Grand Yapo-Agboville, alors qu'il patrouillait, dans le climat tendu de la présidentielle.
Les douze suspects ont été déférés vendredi 16 octobre devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan. Une information judiciaire est ouverte, avec mandat de dépôt, selon Fratmat.
Les chefs retenus, d'après Abidjan.net : actes terroristes, attentat et complot contre l'autorité de l'État, participation à un mouvement insurrectionnel, trouble à l'ordre public, participation à une manifestation interdite et assassinat. Les poursuites s'appuient sur la loi du 11 juin 2024 sur la répression du terrorisme, ainsi que sur le Code pénal.
Le procureur, Oumar Braman Koné, cité par Africanews, a félicité les forces de défense et de sécurité pour leur professionnalisme. Le tireur présumé aurait reconnu avoir fait feu avec une arme de type kalachnikov. Ce sont des allégations du parquet, que la défense n'a pas commentées à ce stade. Les mis en cause restent présumés innocents.
Le dossier s'inscrit dans un contexte politique sensible. La présidentielle d'octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, avait fait onze morts selon le décompte officiel, rappelle Africanews. Le PPA-CI dénonce des actions antidémocratiques. Les autorités affirment, elles, que les poursuites n'ont aucun lien avec l'appartenance politique des personnes visées.
Pour une Côte d'Ivoire qui se projette vers 2050, la question dépasse ce procès : comment juger des violences politiques sans nourrir le soupçon d'une justice à deux vitesses ? La réponse se jouera dans la transparence de la procédure et le respect des droits de la défense.
Selon vous, la justice ivoirienne peut-elle convaincre sur ce dossier ?
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