Trente ans sans execution. C'est cette digue qu'Amnesty International voit menacee par un projet de loi ne dans la fumee des incendies qui ont ravage l'Algerie cet ete.
Publié le 16 septembre 2026 à 11:15 — mis à jour le 25 septembre 2026 à 22:22

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Trente ans sans une seule exécution. C'est cette digue-là qu'Amnesty International voit menacée par un projet de loi né dans la fumée des incendies qui ont ravagé l'Algérie cet été.
L'organisation a exhorté Alger à « abandonner immédiatement tout projet visant à élargir le champ d'application de la peine de mort ou à reprendre les exécutions après plus de trois décennies sans en avoir mené aucune ».
Amnesty appelle au contraire à un moratoire officiel, « comme première étape vers l'abolition complète de la peine capitale ». Le projet de loi, prévoit d'introduire la peine de mort pour les incendiaires volontaires, après des feux qui ont fait au moins douze morts selon le bilan officiel, un chiffre qu'Amnesty juge très en dessous de la réalité, évoquant des sources parlant de plus de soixante-dix morts dans une seule municipalité.
Le pays n'a plus exécuté personne depuis 1993. Mais dès 2023, plus de cinquante personnes avaient déjà été condamnées à mort après le lynchage d'un homme faussement accusé d'avoir déclenché des incendies. Un précédent qu'Amnesty cite comme la preuve que la colère populaire post-incendie se traduit vite par une justice expéditive.
Face à des villages calcinés et des vies perdues, la tentation de la vengeance légale est humainement compréhensible. Mais une justice qui légifère sous le choc de l'émotion collective risque de graver dans le marbre des lois qu'un pays regrettera des décennies plus tard.
Une Afrique du Nord qui ambitionne de peser sur les standards de droits humains à l'horizon 2050 peut-elle se permettre de rouvrir le couloir de la mort sous le coup de la colère ?
La justice algérienne doit-elle céder à l'émotion populaire, ou tenir sa ligne malgré la douleur des incendies ?
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