Quatre jours après la rupture des relations avec Abou Dhabi, Alger et les Émirats s'affrontent sur X. Amar Belani accuse Abou Dhabi de déstabilisation par procuration en Afrique.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:22 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:41

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Sur X, la diplomatie ressemble parfois à un ring. Quatre jours après la rupture des relations entre Alger et Abou Dhabi, Anwar Gargash, conseiller du président émirati Mohamed Ben Zayed, dégaine trois mots comme un étendard : stabilité, réalisations économiques, tolérance. Sans jamais nommer l'Algérie, le message ne trompe personne.
Depuis le 10 septembre, les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs l'un chez l'autre. Une rupture rare entre deux membres de la Ligue arabe, qui dépasse largement le contentieux bilatéral : elle rejoue, sur le terrain africain, une rivalité géopolitique bien plus large entre puissances du Golfe.
Selon TSA ,, Alger reproche à Abou Dhabi cinq griefs précis : le soutien présumé au MAK, mouvement séparatiste classé terroriste par Alger, la protection accordée à des fugitifs algériens visés par la justice, des ventes d'armes destinées, à renforcer les capacités militaires marocaines, une convergence stratégique avec les accords d'Abraham signés par Rabat et Abou Dhabi, et des montages économiques bilatéraux jugés opaques.
Sur X, l'ancien ambassadeur Amar Belani a répondu à Gargash sous le titre « Silence, on tue ! », accusant les Émirats de pratiquer une « déstabilisation par procuration » au Soudan, en Libye, en République démocratique du Congo et dans la Corne de l'Afrique, via ventes d'armes, mercenaires et trafic d'or transitant par Dubaï. Il va plus loin, dénonçant une « connivence » avec le Maroc destinée, selon lui, à faciliter une pénétration israélienne au Maghreb et au Sahel. Belani qualifie Abou Dhabi d'État « pyromane et prédateur », et suggère à Gargash de réserver ses leçons de « raison » à « ses partenaires des accords d'Abraham ».
D'ici une génération, ce duel ne sera qu'un épisode parmi d'autres, mais il illustre déjà un continent où des puissances extérieures, du Golfe jusqu'à Tel-Aviv, financent et manœuvrent par procuration, pendant que Maghreb et Sahel en paient le prix en instabilité.
Le Maghreb peut-il encore arbitrer ses propres rivalités sans que d'autres, plus riches et plus armés, ne viennent y rejouer les leurs sur son sol ?
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