Près de 4 000 micro-entreprises ont sollicité 130,3 milliards de dollars d'importations en un semestre, presque le double du total annuel du pays. Le ministère du Commerce enquête sur un système de sociétés fictives.
Publie le 6 septembre 2026 à 12:13 - mis a jour le 6 septembre 2026 à 14:02

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Un salarié déclaré, puis radié le jour même où sa micro-entreprise dépose une demande d'importation à plusieurs millions de dollars. C'est ce schéma, répété par centaines, que le ministère algérien du Commerce vient de mettre au jour.
Près de 4 000 micro-entreprises de zéro à cinq salariés ont sollicité, sur le seul second semestre 2026, l'équivalent de 130,3 milliards de dollars d'importations. Un chiffre qui dépasse, à lui seul, la totalité des importations annuelles de l'Algérie, jamais montées au-delà de 70 milliards de dollars. Algérie360 confirme l'ampleur de la manoeuvre : sociétés fictives, effectifs gonflés artificiellement puis vidés au moment critique, capacités de production sans commune mesure avec les volumes déclarés. Maghreb Émergent et Le Jour d'Algérie, qui ont documenté ce que certains médias surnomment déjà le scandale du PPI 2026, évoquent une vérification croisée désormais engagée avec les données fiscales et sociales de chaque entreprise suspectée.
Derrière les chiffres, une question de souveraineté. Chaque dollar détourné par une coquille vide est un dollar qui ne sert ni à importer des équipements industriels, ni à financer la diversification d'une économie encore massivement dépendante des hydrocarbures. Dans un pays qui cherche à construire, d'ici 2050, un tissu productif capable de résister aux cycles du pétrole, la capacité de l'État à assainir son commerce extérieur n'est pas un détail administratif : c'est une condition de sa souveraineté économique future.
L'Algérie n'est pas seule sur ce terrain. De Lagos à Dakar, la lutte contre la surfacturation et les fausses domiciliations bancaires occupe déjà les administrations douanières du continent. La différence se jouera dans la sanction : simple gel des dossiers, ou poursuites capables de dissuader durablement les prochains fraudeurs ?
Cette fraude massive relève-t-elle d'abord d'une défaillance de contrôle, ou d'une complicité au sein même de l'administration ?
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