Algérie, France
Alger coupe l'urée à la France : l'engrais devient une arme de la brouille
Selon Reuters, l'Algérie a demandé à ses producteurs de cesser d'exporter de l'urée vers la France. Elle fournit environ 30 % des importations françaises de cet engrais.
Alger — Publié le 25 octobre 2026 à 05:19

Trente pour cent. C'est la part de l' dans l'urée que la France importe. Et vient, selon Reuters, de fermer le robinet.
L'agence britannique, citant cinq sources diplomatiques et industrielles, a rapporté vendredi 23 octobre que l'Algérie a donné instruction à ses producteurs de cesser leurs exportations d'urée vers la France.
L'information est reprise par Algérie360 et par Madar, et Le Jour d'Algérie la titre samedi. Trois diplomates confirment connaître l'instruction, qui circulait dans le secteur depuis la semaine précédente. Pour l'instant, aucune annonce officielle n'a été faite, et l'ambassade à Paris n'a pas répondu à Reuters.
L'urée est un engrais azoté d'environ 46 % d'azote, indispensable aux cultures de blé, de maïs ou de légumes. D'après l'association Afcome et le syndicat des producteurs de blé AGPB, cités par Algérie360, l'Algérie couvre environ 30 % des importations françaises. La mesure touche donc directement les agriculteurs français.
Elle s'inscrit dans une brouille qui dure. Selon Reuters, six diplomates français et européens évoquent des restrictions informelles, quasi générales, sur les produits français depuis fin juillet. L'Algérie a cessé d'acheter du blé français en 2024. Paris a saisi l'Union européenne. D'après Attaqa, la France demande aussi plus de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ce que le contrat de Sonatrach avec d'autres clients limite pour le GNL.
La rupture remonte à 2024, quand Emmanuel Macron a appuyé le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, que l'Algérie rejette.
Quand un pays africain producteur d'engrais choisit à qui il vend, il rappelle que les rapports de force ne sont plus à sens unique.
Reste une question que personne ne pose assez : les paysans africains, souvent privés d'engrais abordables, profitent-ils de ces bras de fer ?
Un pays qui maîtrise ses engrais est-il un pays qui maîtrise sa sécurité alimentaire ?
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