Devant les opérateurs économiques réunis à Alger, le président algérien revendique une rupture avec une économie administrée et promet l'autosuffisance céréalière et un guichet unique d'investissement dès 2027.
Publié le 16 octobre 2026 à 09:26 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 17:18

Une économie qui, pendant des décennies, importait presque tout, et qui dit aujourd'hui vouloir presque tout produire. C'est le pari que porte Abdelmadjid Tebboune.
Devant les opérateurs économiques réunis au Centre international des conférences d'Alger, le président algérien a défendu, selon Algérie-Eco.com et Observalgérie, une transformation d'ampleur : passer d'une économie administrée à une économie libre, sans brusquer les équilibres sociaux. Il revendique déjà des résultats concrets.
Les importations ont chuté de 62 à 40, voire 42 milliards de dollars. L'Algérie a cessé d'importer essence et kérosène, et l'importation de gasoil doit s'arrêter dès que la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud tournera à plein régime. La production pharmaceutique locale couvre désormais 84 % des besoins du pays, contre une dépendance quasi totale il y a sept ans.
2027 revient comme une date butoir dans presque chaque promesse. Autosuffisance céréalière. Guichet unique national pour les investisseurs, actif dès le 1er janvier.
Objectif affiché, selon l'agence APS citée par Just Infodz : « parachever l'édification » d'une économie forte. Tebboune ajoute même un horizon plus lointain, une voiture entièrement algérienne d'ici fin 2028, moteur et boîte de vitesses compris, avec des partenaires allemands et italiens.
Le président algérien parle depuis une position de force rhétorique : il revendique la troisième place économique du continent.
Mais transformer un discours de bilan en économie réellement diversifiée, loin de la rente pétrolière et gazière, reste le chantier que tous les présidents algériens promettent depuis l'indépendance sans jamais totalement l'achever. Treize mille projets d'investissement recensés, c'est un indicateur. Ce n'est pas encore une économie transformée.
Dans sept ans, l'Algérie aura-t-elle vraiment changé de modèle, ou simplement changé de discours sur son modèle ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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