Le président algérien dénonce la spéculation sur les prix et révèle une fraude massive aux importations, tout en réaffirmant les grandes lignes de sa diplomatie.
Publié le 5 octobre 2026 à 08:59 — mis à jour le 5 octobre 2026 à 10:52

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Vingt dinars pour le producteur, cent quarante pour le consommateur. Entre les deux, un fossé que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a choisi de qualifier, sans détour, d'inacceptable.
Lors de sa rencontre périodique avec la presse nationale, le 4 octobre, selon Algérie Patriotique, le chef de l'État a pris l'exemple de la tomate pour illustrer ce qu'il attribue moins à une pénurie de production qu'à la spéculation et à la recherche du gain facile. Il a promis des résultats visibles dès le lendemain.
Plus spectaculaire encore, Tebboune a révélé que les autorités avaient détecté des opérateurs ayant déclaré 750 millions de dollars d'importations pour seulement 29 millions de dollars d'exportations, et identifié 581 sociétés frauduleuses partageant la même adresse commerciale. Les responsables reconnus coupables seront radiés à vie du registre du commerce.
Sur le plan diplomatique, le président a confirmé que l'Algérie ne reviendrait pas sur sa rupture avec les Émirats arabes unis, maintenu des relations d'amitié avec la Russie tout en équilibrant ses liens avec Washington et Pékin, et réaffirmé que le dossier du Sahara occidental revenait au peuple sahraoui. Il a par ailleurs invité les scientifiques algériens de la diaspora à revenir contribuer au développement du pays, assurant que la porte reste ouverte à tous.
Avec une croissance annoncée au delà de 4 pour cent, l'Algérie cherche à montrer qu'elle peut concilier discipline économique interne et autonomie diplomatique. Mais tant que 581 sociétés fantômes peuvent partager une même adresse sans être repérées plus tôt, la question reste entière : qui, en Algérie, profite réellement de la rente des importations ?
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