À Alger, Abdelmadjid Tebboune a reçu les cerveaux algériens de la diaspora mondiale pour installer un Haut Conseil scientifique chargé de transformer ces talents épars en partenariat institutionnel durable.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:43 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 20:16

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Elias Zerhouni a dirigé les instituts de santé les plus puissants des États-Unis. Yasmine Belkaid pilote aujourd'hui l'Institut Pasteur. Deux Algériens, deux sommets scientifiques mondiaux. Les deux étaient assis à la même table, à Alger, face à Abdelmadjid Tebboune.
Le président algérien a reçu, le 27 septembre, la première réunion du Haut Conseil scientifique de la communauté algérienne établie à l'étranger, dix jours après le décret présidentiel qui l'a créé, rapporte TSA. Autour de la table : le coordinateur Elias Zerhouni, ancien directeur des instituts américains de la santé ; Yasmine Belkaid, directrice de l'Institut Pasteur ; Karim Zaghib, spécialiste des batteries au lithium ; et Belgacem Haba, inventeur crédité d'environ un millier de brevets, précise El Watan.
L'objectif, selon le ministre Kamel Baddari cité par Algérie360, est de transformer les relations ponctuelles en partenariat institutionnel entre ces cerveaux expatriés et les universités du pays. Cinq chantiers ont été fixés, écrit Express DZ : cybersécurité, énergie, santé, alimentation, eau, les mêmes verrous qui freinent la croissance de la moitié du continent.
L'Algérie amplifie ce que le Nigeria ou le Sénégal tentent déjà avec leurs propres réseaux de chercheurs exilés. La différence tient à l'ambition affichée : faire de cette diaspora un point d'appui permanent, avec un calendrier et des comptes à rendre, pas une photo de famille tous les cinq ans.
D'ici 2050, l'Afrique comptera un habitant sur quatre de la planète et devra nourrir, soigner et connecter des milliards de gens avec ses propres solutions. Les diplômés partis faire carrière à Boston, Paris ou Montréal détiennent, sur le papier, une partie de cette réponse ; il leur manquait un canal.
En institutionnalisant ce lien, Alger parie que la fuite des cerveaux peut devenir un aller-retour permanent, pour peu que les laboratoires suivent les promesses.
Reste à savoir si ce Haut Conseil restera un rendez-vous protocolaire, ou s'il ira jusqu'à financer, sur le terrain, les laboratoires que cette diaspora ne trouve toujours pas chez elle.
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