À la veille du discours de João Lourenço devant l'Assemblée nationale, le parti d'opposition UNITA dresse un bilan accablant de la dernière décennie angolaise, chômage, pauvreté et kwanza en tête des accusations.
Publié le 15 octobre 2026 à 09:44 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 02:49

Elle a accouché dans la benne d'un camion de marchandises, faute d'avoir atteint l'hôpital à temps. Cent quatre-vingts kilomètres de piste pour sauver une vie, voilà ce que l'UNITA met sur la table de l'Angola ce 14 octobre, à Luanda.
Adalberto Costa Júnior, président du principal parti d'opposition, choisit son moment : la veille du discours que João Lourenço doit prononcer devant l'Assemblée nationale pour l'ouverture de l'année législative. Son verdict tient en trois mots : une "décennie perdue". Dix ans après avoir promis de rompre avec l'ère Dos Santos, le chef de l'État du MPLA, au pouvoir sans partage depuis l'indépendance en 1975, doit désormais répondre d'un bilan que son opposition détaille chiffre par chiffre, village par village.
Selon l'UNITA, le chômage avoisine 30%, la pauvreté touche près de quatre Angolais sur dix, et plus de huit travailleurs sur dix survivent dans l'économie informelle. Le parti avance aussi qu'un kwanza sur cinq de revenu des ménages s'est évaporé en quelques années, pendant que la monnaie nationale perdait plus de 80% de sa valeur face au dollar.
Ce ne sont pas des statistiques officielles mais la lecture critique d'une opposition qui réclame des comptes : sur cent kwanzas d'impôts collectés, 84 serviraient uniquement à rembourser la dette, confirme l'agence Lusa, relayée par le site portugais Observador.
Notícias Lusófonas détaille un autre symptôme : un agriculteur a vu quatre de ses douze tonnes de maïs pourrir, la route étant impraticable pour les camions pendant la saison des pluies.
Derrière les chiffres se joue une question qui dépasse Luanda : combien de temps un pays peut-il financer son État sur le pétrole, plus de 90% de ses exportations selon l'UNITA, sans jamais diversifier son économie ?
D'ici 2050, les pays à parti dominant depuis l'indépendance, l'Angola en tête, devront choisir entre réforme interne et alternance par les urnes. Le corridor de Lobito, vitrine internationale du pays, illustre le paradoxe : un couloir logistique qui traverse l'Angola sans toujours enrichir ceux qui l'habitent.
Un bilan économique peut-il se juger sur le seul cours du pétrole, ou faut-il, comme le réclame l'UNITA, un observatoire indépendant pour trancher qui, du pouvoir ou de l'opposition, dit vrai sur l'Angola ? Dites-nous ce que vous en pensez.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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