Clôturé samedi à Kong, le Festival national de la cuisine ivoirienne s'est terminé sur un appel inédit : mobiliser les jeunes et leurs smartphones pour sauver les recettes en voie de disparition.
Publié le 18 octobre 2026 à 09:54 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:16

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« Venir à Kong, c'est venir en pèlerinage. On gagne le cœur par la table. »
C'est le ministre ivoirien du Tourisme, Siandou Fofana, qui parle, samedi 17 octobre, à la clôture de la quatrième édition du Festival national de la cuisine ivoirienne.
Il en profite pour lancer l'« Appel de Kong », rapporte Fratmat, repris par allAfrica. L'idée : inviter la population, et surtout les jeunes, à documenter avec leurs téléphones les mets authentiques qui risquent de disparaître.
Derrière la formule, un chantier concret. Un almanach fondé sur des recherches anthropologiques. Le prototype d'un « Maquis gastronomique ivoirien ». Une démarche pour obtenir une appellation d'origine contrôlée. Le répertoire compte déjà une cinquantaine de mets, dont 24 fiches techniques finalisées, selon Fratmat. Le ministre assume l'ambition : une « révolution culturelle mais aussi économique, avant d'être politique : le soft power ivoirien ».
Pour mesurer le chemin, regardons le casting. Le festival a réuni 26 finalistes venus de 13 régions touristiques, jugés par sept chefs, avec près de 5 000 festivaliers attendus à Kong, d'après KOACI et Fratmat. Après Agnibilékrou en 2023, San Pedro en 2024 et Bouaké en 2025, il s'installe dans le Tchologo. Le tout s'inscrit dans la stratégie « Sublime Côte d'Ivoire », qui veut faire du tourisme le troisième pilier de l'économie nationale.
Pourquoi ça compte ? Parce que ce qu'une génération ne note pas, la suivante ne le goûte pas. Un plat qui disparaît emporte avec lui un terroir, une langue, une façon de recevoir. La Corée a exporté son kimchi, le Pérou son ceviche. L'Afrique, elle, laisse trop souvent ses recettes mourir avec ses grands-mères.
Transformer un festival en filière, avec des cuisiniers formés, des produits tracés et des clients qui reviennent. Un smartphone peut sauver une recette. Il ne remplit pas encore un restaurant.
Et vous, quel plat de chez vous faut-il absolument sauver avant qu'il ne disparaisse ?
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