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Mercredi 22 avril 2026 : 15 heures d'audition, deux malaises cardiaques. Jeudi 23 : placé en garde à vue depuis l'Institut de cardiologie. Quatre chefs d'accusation révélés. Garde à vue levée le soir même.
Publié le 25 avril 2026 à 08:41 UTC

Mercredi 22 avril 2026, Assalé Tiémoko Antoine, président du mouvement politique ADCI (Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire) et maire de Tiassalé, se présente à la préfecture de police d'Abidjan à 10h00. Il en sort à 23h55. Entre-temps, il a subi deux malaises d'origine cardiovasculaire : le premier aux alentours de 14h, le second vers 18h. Un professeur de cardiologie, dépêché sur place par la préfecture, a recommandé son transfert d'urgence à l'Institut de cardiologie d'Abidjan.
Le lendemain matin, jeudi 23 avril, alors qu'Assalé Tiémoko est encore hospitalisé, son avocate reçoit un appel téléphonique du procureur adjoint Abou Chérif : son client est désormais placé en garde à vue. Il devra être conduit à la préfecture de police pour les formalités, avant d'être déféré au parquet ce vendredi 24 avril. Les quatre chefs d'accusation retenus sont : troubles à l'ordre public, incitation à la révolte, diffusion de fausses nouvelles et discrédit sur les institutions de la République.
Dans la soirée du jeudi, rebondissement : la garde à vue est levée à 17h02 par le procureur en personne, venu à l'Institut de cardiologie avec le commissaire enquêteur, en présence du médecin traitant.
Assalé Tiémoko Antoine n'est pas un opposant ordinaire. C'est un ancien député, un journaliste d'investigation reconnu, devenu maire de Tiassalé, figure des voix critiques du gouvernement ivoirien. Les quatre chefs retenus contre lui couvrent un spectre large et flou : «discrédit sur les institutions» peut viser n'importe quelle critique du gouvernement. «Diffusion de fausses nouvelles» peut viser n'importe quelle information contestée.
Le secrétaire exécutif de l'ADCI, Roger Youan, a déclaré à RFI : «On veut faire taire Assalé Tiémoko.» La rentrée politique de l'ADCI prévue le 2 mai à Tiassalé reste suspendue à l'évolution de l'état de santé du président et à la décision du parquet.
La Côte d'Ivoire vient de reconduire Alassane Ouattara pour un quatrième mandat en 2025. L'opposition est fragmentée. Les figures critiques qui ont encore une audience nationale sont rares. L'affaire Assalé Tiémoko pose une question que personne ne veut formuler directement : est-ce que la justice ivoirienne est en train d'être utilisée pour réduire l'espace politique ?
L'Afrique 2050 a besoin d'oppositions qui parlent, de journalistes qui enquêtent, et d'une justice qui traite tout le monde avec les mêmes standards. La suite de cette affaire nous dira si la Côte d'Ivoire respecte encore ce principe.
Suis-tu l'affaire Assalé Tiémoko ? Qu'est-ce que tu en penses ?
Source image de couverture : APA News
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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