Le président gabonais a reçu à Port-Gentil une délégation du FMI pour établir une évaluation partagée d'une dette publique qu'il attribue à l'ancien régime, avant tout nouvel accord avec l'institution.
Publié le 27 septembre 2026 à 09:29 — mis à jour le 5 octobre 2026 à 05:40

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Un chiffre que même le pouvoir en place refuse de considérer comme fiable : la dette publique du Gabon, proche de 80 % du PIB selon les dernières estimations, dont le président Brice Clotaire Oligui Nguema rejette la paternité sur l'ancien régime. Jeudi, il a reçu à Port-Gentil, la capitale économique du pays, une délégation du Fonds monétaire international pour tenter d'y voir plus clair, rapporte Gabonactu.
Selon Gabonmediatime, les deux parties ont surtout cherché à établir « une situation réelle » de l'endettement du pays, un préalable que le chef de l'État avait déjà posé au printemps en exigeant un audit complet des comptes publics avant tout nouveau programme avec le FMI.
Gabonreview rappelle qu'un premier accord avait été espéré pour mai, sans succès, et que les discussions techniques se poursuivent depuis, sans calendrier arrêté. Le président a défendu une gestion fondée sur « la transparence, la sincérité des comptes publics et une maîtrise durable de la dette », tout en fixant quatre principes intangibles, dont la protection des ménages les plus vulnérables face aux ajustements à venir.
Refuser de signer un accord avant d'avoir sa propre vérité chiffrée, c'est un choix rare pour un pays qui a besoin de financements extérieurs, mais c'est aussi un pari sur la crédibilité future de l'État gabonais auprès de ses propres citoyens.
D'ici 2050, les pays africains qui négocieront d'égal à égal avec les bailleurs internationaux seront ceux qui auront d'abord fait la lumière sur leurs propres comptes, plutôt que d'accepter des chiffres qu'ils ne maîtrisent pas.
Libreville tiendra-t-elle bon face au FMI jusqu'à obtenir les termes qu'elle réclame, ou finira-t-elle par céder au calendrier de ses créanciers ?
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